Les décombres après un attaque aérienne israélienne dans un quartier sud de Beyrouth, le 6 mars 2026, au Liban ( AFP / - )
Les frappes font rage vendredi au Moyen-Orient, de Téhéran aux grandes villes du Golfe en passant par le Kurdistan irakien et le Liban, dont des dizaines de milliers d'habitants fuient les combats.
Des images d'AFPTV des quartiers sud de Beyrouth montraient vendredi des bâtiments éventrés et des véhicules calcinés après les bombardements israéliens de la nuit, tandis que des dizaines de milliers de personnes fuyaient les destructions.
"Les conséquences de ce déplacement sur le plan humanitaire et politique pourraient être sans précédent", s'est inquiété le Premier ministre libanais Nawaf Salam.
Les habitants de la banlieue sud de Beyrouth et du sud du pays, bastions du Hezbollah, ont répondu à des ordres d'évacuation massifs de l'armée israélienne jeudi. La banlieue s'est "presque vidée" après "un mouvement d'exode massif", note l'agence de presse officielle (Ani).
Les frappes israéliennes se sont poursuivies. L'un d'elle a touché, sans avertissement préalable, un immeuble de dix étages, proche de centres d'accueil de déplacés à Saïda, principale ville du sud du pays, selon un photographe de l'AFP.
Le ministère libanais de la Santé a présenté un bilan de cinq morts et sept blessés, qui étaient pris en charge en début d'après-midi par les secours sur un sol jonché de débris, selon des images d'AFPTV.
Dans la nuit, des avions de chasse israéliens ont visé la périphérie de Baalbek (est). Dont la localité de Douris, à quelques kilomètres au sud, où un cratère s'est formé d'une circonférence de plus de dix mètres, au beau milieu d'habitations soufflées.
- Frappes "grande échelle" sur l'Iran -
Un panache de fumée s'élève après une attaque aérienne israélienne sur Khiam, au Liban, le 6 mars 2026 ( AFP / Rabih DAHER )
La crise "constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate", a prévenu à Genève Ayaki Ito, directeur des urgences de l'agence de l'ONU pour les réfugiés.
La guerre, déclenchée samedi par une attaque américano-israélienne contre l'Iran, a embrasé le Moyen-Orient et inquiète d'autant plus chancelleries et opérateurs économiques que la question de sa durée est désormais ouvertement posée.
Un envoi de troupes au sol en Iran représenterait une "perte de temps", a affirmé le président américain Donald Trump à la chaîne NBC News. Son ministre de la Défense Pete Hegseth a néanmoins exclu une issue rapide : "nous ne sommes qu'au début des combats".
Israël a annoncé frapper Téhéran "à grande échelle" et des médias iraniens ont fait état de séries d'explosions dans différents quartiers.
Pour le premier vendredi, jour de prière, depuis la mort de l'ayatollah Khamenei, quelques centaines de personnes se sont rassemblées pour dénoncer les frappes américano-israéliennes, brandissant des portraits du défunt guide suprême.
Mais "la ville s'est vidée, beaucoup de gens sont partis", assure Robert Amasyan, 60 ans, un homme d'affaires de Téhéran interrogé par l'AFP alors qu'il franchit la frontière entre Iran et Arménie. "On entend le bruit des explosions (...) au moins 5 ou 6 fois par jour".
- La riposte de Téhéran -
Sur le plan militaire, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir, ont riposté avec "une attaque combinée de missiles et de drones, ainsi que le lancement d'un barrage de missiles Kheibar, visant des cibles situées au cœur de Tel-Aviv".
Une série d'explosions y a été entendue vendredi, selon des journalistes de l'AFP. Mais les secours israéliens n'ont déclaré aucune victime.
L'Iran portait par ailleurs son effort sur les bases américaines de la région. Des explosions ont été entendues dans le centre de la capitale du Koweït, selon un journaliste de l'AFP, les autorités décrivant "des attaques de missiles et de drones".
Idem à Bahreïn, qui a déclenché une sirène d'alerte et où un hôtel et des immeubles ont été touchés. L'Arabie saoudite et le Qatar ont de leurs côtés affirmé avoir contré des attaques.
Quatre drones non immédiatement attribués ont frappé l'aéroport et des champs pétrolifères à Bassorah, en Irak, d'après une source sécuritaire à l'AFP.
Enfin, des frappes ont visé des groupes kurdes iraniens dans le nord de l'Irak, selon un responsable du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI) en exil.
"Nos bases sont sous le feu de l'ennemi iranien", a déclaré à l'AFP le responsable du PDKI. "Après une attaque ce matin, nos sites ont été pris pour cible à nouveau (...) par six drones".
Jeudi, Donald Trump avait assuré à l'agence Reuters être "tout à fait pour" une offensive des milices kurdes contre Téhéran, sans préciser si les Etats-Unis leur fournirait un quelconque soutien.
- Polémique sur la frappe d'une école -
Un incendie sur un site frappé par une attaque aérienne israélienne dans le sud de Beyrouth, le 6 mars 2026 ( AFP / FADEL itani )
A l'issue de bientôt une semaine de conflit a par ailleurs surgi une polémique embarrassante pour Washington.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a exigé que l'enquête américaine sur le bombardement présumé d'une école, à Minab (sud de l'Iran) soit "rapide" et "transparente".
Ni les Etats-Unis, ni Israël n'ont admis cette frappe au premier jour de la guerre, dont les autorités iraniennes affirment qu'elle a fait 150 morts. L'AFP n'a pu accéder au site, ni vérifier le bilan et les circonstances des faits.
Ce drame pourrait provenir d'un bombardement américain visant initialement une base navale iranienne située à proximité, selon une enquête du New York Times.
Une gigantesque fresque murale représente l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien tué dans l'intervention américano-israélienne, le 5 mars 2026 à Téhéran ( AFP / ATTA KENARE )
Reuters, s'appuyant sur deux sources américaines anonymes, cité des enquêteurs militaires américains jugeant "probable" que les forces américaines en soient "responsables".
Le ministère libanais de la Santé a annoncé qu'au moins 123 personnes ont été tuées et 683 blessées depuis lundi. Son homologue iranien a fait état de 926 morts à l'agence Irna, soit un chiffre inférieur à celui d'autres sources officielles.
Treize personnes, dont sept civils, ont été tuées dans les pays du Golfe, dont une fillette iranienne de 11 ans, au Koweït. En Israël, le bilan s'établit à au moins 10 morts.
L'AFP n'était pas en mesure de vérifier aucun de ces chiffres non plus.

4 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer