François Patriat lors d'une séance de travail au Sénat, le 23 janvier 2025 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )
Il fut l'un des premiers fidèles du président Emmanuel Macron. L'ancien socialiste François Patriat, mort mercredi à 83 ans, laisse derrière lui 45 ans d'une carrière parlementaire qu'il s'apprêtait à quitter.
Décédé des suites d'un grave accident de vélo un mois plus tôt, c'est une part du macronisme historique qui disparaît.
Le chef de l'État a d'ailleurs rendu immédiatement hommage à "un ami cher" et déclaré que la République perdait "l'un de ses plus infatigables artisans".
L'élu de Côte-d'Or a longtemps retardé sa décision de ne pas chercher à se faire réélire en septembre au Sénat où il avait créé en 2017 le groupe macroniste qu'il présidait depuis.
François Patriat (g) et le président Emmanuel Macron à l'Elysée, le 22 novembre 2023 à Paris ( POOL / Ludovic MARIN )
"Beaucoup, et je les en remercie, m'invitent à continuer, mais plus nombreux encore sont ceux qui comprendront ma décision", avait-il écrit en juin dans une lettre consultée par l'AFP.
Auprès de l'AFP, Emmanuel Macron avait alors salué son "ami", "un homme de fidélité", "à sa Bourgogne qu'il n'a cessé de défendre", "à son pays qu'il n'a cessé de servir". Et "au dépassement politique" porté par le candidat Macron que "Fanfan", comme le surnommaient ses proches, fut en 2016 "parmi les premiers à rejoindre".
Le sénateur François Patriat arrive à l'Élysée pour assister à la cérémonie officielle d'investiture d'Emmanuel Macron en tant que président, le 14 mai 2017 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
Cet ex-socialiste aura passé 18 ans au Sénat entre 2008 et 2026, après 15 ans comme député entre 1981 et 2000.
De ses "23 élections", il n'en a perdu que deux, calculait récemment l'éphémère membre du gouvernement Jospin, comme secrétaire d'Etat au Commerce (2000-2002) puis comme ministre de l'Agriculture (2002).
"Il y a aussi chez moi une forme de fierté politique. A 83 ans, repartir pour sept ans, est-ce encore digne?", s'interrogeait-il en privé.
Son départ du Sénat devait coïncider - à quelques mois près - avec celui d'Emmanuel Macron, à qui il vouait encore une admiration totale.
Grâce à son ralliement précoce, il a côtoyé de très près le sommet du pouvoir, bien plus que ce que l'écosystème socialiste lui avait jusque-là permis.
"Dieu" et le cierge
"Moi, je suis là pour aller jusqu'au bout avec Macron", résumait ce loyal soutien du président, qui a été longtemps parmi les seuls à prédire une dissolution de l'Assemblée nationale après le début raté du second quinquennat.
Le sénateur François Patriat quitte l'hôtel Matignon après une rencontre entre le Premier ministre et les chefs des groupes parlementaires, le 26 novembre 2024 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )
"Je ne sais pas comment les Français peuvent à ce point douter d'un président aussi bon, aussi brillant, aussi humain, aussi tactile", soupirait-il en pleine crise des retraites.
Le chef de l'État était venu lui rendre visite pour une soirée amicale et discrète en Bourgogne en février. Il fut longtemps dans son cercle privilégié.
Parmi ces historiques, il fait figure de dernier combattant dans l'arène politique: Richard Ferrand et Jacques Mézard sont partis au Conseil constitutionnel, Gérard Collomb est décédé en 2023.
Né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois, marié et père de deux enfants, ce vétérinaire de formation a exercé pendant 12 ans à Pouilly-en-Auxois, et a été maire de 1989 à 2001 de Chailly-sur-Armançon, en Côte-d'Or.
François Patriat, le nouveau président socialiste de la région Bourgogne, est applaudi dans l'hémicycle du Conseil régional, le 2 avril 2004 à Dijon ( AFP / FRED DUFOUR )
Puis président de région de 2004 à 2015, réalisant dix ans après une prophétie de François Mitterrand, avec qui il jouait au golf: "Tenez bon, un jour, vous gagnerez la Bourgogne".
Parmi ses multiples passions, chasse, golf, cyclisme et vin, alors qu'il comptait déjà à son actif "12 sangliers, 32 parcours de golf et 4.500 kilomètres de vélo"... pour 2026.
Mais ses interlocuteurs garderont en mémoire certaines anecdotes, comme celle - presque dramatique - de ce jour de septembre 2016 où, blessé dans un accident de la route, il ne reste conscient que parce qu'un ami le garde en alerte au téléphone... Cet ami, c'est Emmanuel Macron, qu'il qualifie depuis, en ne riant qu'à moitié, de "Dieu".
D'ailleurs, il ne manquait pas de raconter, photo à l'appui, comment il avait allumé un cierge dans la cathédrale d'Amiens le 6 avril 2016, lieu et jour de la création d'En Marche.

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