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France-Plusieurs interpellations dans l'enquête sur la mort d'un militant identitaire à Lyon
information fournie par Reuters 17/02/2026 à 22:54

(Actualisé avec interpellations, Lecornu, Mélenchon)

Plusieurs suspects, dont l'assistant parlementaire du député La France insoumise (LFI) du Vaucluse Raphaël Arnault, ont été interpellés mardi dans le cadre de l'enquête sur la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, a appris Reuters de source policière.

Les personnes arrêtées sont issues de la mouvance d'ultra-gauche - des anciens membres ou sympathisants de la Jeune Garde, groupuscule lié à LFI, a-t-on précisé de même source.

Parmi elles, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député Raphaël Arnault, militant antifasciste lyonnais qui a fondé la Jeune Garde. Mis en cause par plusieurs témoins sur les réseaux sociaux, Favrot s'était mis en retrait de ses fonctions vendredi dernier. L'accès à l'Assemblée nationale lui est interdit par sa présidente Yaël Braun-Pivet depuis lundi.

Des médias faisaient état mardi soir de neuf interpellations au total.

Raphaël Arnault a déclaré mardi soir sur le réseau social X que son collaborateur avait "cessé toutes ses activités parlementaires". "Dès hier avant d'apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l'Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat", a-t-il précisé. "A l'enquête désormais de déterminer les responsabilités".

"Ce soir, un assistant parlementaire d'un député LFI a été interpellé", a réagi le Premier ministre, Sébastien Lecornu. "Sans présager de la suite de l'enquête et attenter à la présomption d'innocence, je redis que oui, le ménage doit être fait dans vos rangs. Et vite", a-t-il ajouté sur le réseau social X.

Mis en cause dans l'après-midi à l'Assemblée par le chef du gouvernement et le ministre de la Justice Gérald Darmanin, le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, avait auparavant déclaré lors d'une conférence à Paris ne pas accepter "les leçons de Sébastien Lecornu".

Les enquêteurs, qui officient dans le cadre d'un dossier d'"homicide volontaire", recherchaient au total six personnes soupçonnées d'être les auteurs directs de l'agression, jeudi dernier, de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans qui est décédé samedi à l'hôpital.

Les faits sont survenus en marge d'un rassemblement du collectif d'extrême droite Némésis contre la venue à Sciences-Po Lyon de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.

"DU SANG SUR LES MAINS"

Némésis, groupuscule auquel appartenait la victime, accuse la Jeune Garde, groupe antifasciste dissous en juin 2025, d'avoir tendu un "guet-apens" à ses militants.

Jacques-Elie Favrot avait démenti "formellement" la semaine dernière, par la voix de son avocat, toute implication dans le drame, qui a pris une tournure politique à l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars.

Sébastien Lecornu a mis en garde mardi contre "la rhétorique de la confrontation", dénonçant à mots couverts les "ambiguïtés" de Jean-Luc Mélenchon, que le ministre de la Justice a nommément mis en cause dans ce drame.

"Aucun Insoumis n'est impliqué ni de près ni de loin dans ces violences", avait affirmé la présidente du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot, lors de la séance des questions au gouvernement.

Les députés ont observé une minute de silence au début de la séance en hommage à Quentin Deranque. La mort de l'étudiant a de fait monopolisé les débats mardi après-midi à l'Assemblée, où Raphaël Arnault était absent.

"C'est un moment de vérité (...) dans lequel un certain nombre de formations politiques ne pourront pas s'abriter derrière des raisonnements trop compliqués : soit on lutte et on refuse la violence, soit on ne lutte pas contre elle", a déclaré Sébastien Lecornu en réponse à une question du député (Droite républicaine) Laurent Wauquiez qui a estimé que "l'extrême gauche a du sang sur les mains".

"On ne peut pas avoir la rhétorique de la confrontation en permanence et ne pas voir que ce qui se passe parfois dans cet hémicycle peut infuser dans l'ensemble de la société", a ajouté le chef du gouvernement, visant sans les nommer les bancs des Insoumis.

Il a lancé "un appel à la responsabilité individuelle, à la responsabilité de chaque formation politique, dans le respect du vote des Français mais dans le respect des valeurs de la République".

Intervenant à plusieurs reprises, le garde des Sceaux - le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez était en déplacement en Algérie - s'est fait plus incisif dans les attaques, dénonçant la responsabilité de "M. Mélenchon" qui avait présenté la Jeune Garde comme "une organisation alliée" en avril 2025.

"Il y a une violence incontestable entre La France insoumise et la Jeune Garde", a lancé Gérald Darmanin, fustigeant "ceux qui arment moralement les armes des tueurs".

Face à ces accusations, Mathilde Panot a accusé le gouvernement d'"instrumentaliser" le drame de Lyon pour "salir" les Insoumis.

(Rédigé par Sophie Louet, édité par Blandine Hénault et Jean Terzian)

1 commentaire

  • 17 février 18:29

    LFI n'a pas besoin d'être sali......il est déjà pourri


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