L'ancien directeur de Frontex, Fabrice Leggeri
La cour d'appel de Paris a ouvert une enquête visant l'ancien directeur de Frontex - l'agence européenne chargée du contrôle des frontières - Fabrice Leggeri, pour des accusations de complicité de crimes contre l'humanité, a déclaré mardi une source judiciaire à Reuters.
Fabrice Leggeri a démissionné de l'agence européenne Frontex en 2022, après avoir été accusé pendant des années par des organisations de défense des droits de l'homme de maltraitance envers les migrants pendant son mandat, qui avait débuté en janvier 2015.
Elu député au Parlement européen sur la liste du Rassemblement national en juin 2024, Fabrice Leggeri a toujours démenti ces accusations. Interrogé par Reuters, il a dit ne pas être au courant de la décision de la cour d'appel et s'est refusé à tout autre commentaire.
La cour d'appel a décidé d'ouvrir l'enquête le 18 mars, à la suite d'un recours formé par la Ligue des droits de l'homme (LDH) et l'association de défense des droits des migrants Utopia 56 contre la décision prise auparavant par un juge d'instruction de rejeter leur plainte contre l'eurodéputé.
La LDH et Utopia 56 accusent ce dernier d'avoir encouragé les agents de Frontex à aider les autorités libyennes et grecques à intercepter des bateaux de migrants afin d'empêcher ces derniers d'entrer dans l'Union européenne.
La cour d'appel a estimé qu'il y avait lieu d'ouvrir une enquête judiciaire et a jugé le recours "partiellement fondé", a ajouté la source.
Si la justice française devait mettre en examen Fabrice Leggeri, elle devrait demander la levée de son immunité en tant que député européen, ce qui nécessite un vote du Parlement.
(Gianluca Lo Nostro et Elizabeth Pineau, Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Sophie Louet)

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