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France-Macron dit vouloir punir les "casseurs" et écouter les manifestants
information fournie par Reuters 18/10/2026 à 20:59

(Actualisé avec citations, contexte)

Emmanuel Macron a fait dimanche la distinction entre les "casseurs" et les manifestants aux "revendications légitimes", invitant le gouvernement à faire en sorte que le chaos constaté la veille "ne puisse pas se reproduire".

"Notre responsabilité est double : entendre la colère et agir sur ses causes, et faire respecter fermement l'ordre républicain. Nous ne devons ni confondre les revendications légitimes avec la violence, ni laisser les violences empêcher que ces revendications soient entendues", a dit le président lors d'une allocution à l'Elysée.

Le chef de l'Etat a réuni dimanche après-midi le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et les ministres concernés par les manifestations de la veille qui ont été émaillées d'affrontements, de destructions de bâtiments publics et de pillages dans tout le pays. Plusieurs centaines de policiers ont été blessés et près de 2.400 individus ont été interpellés, selon le ministère de l'Intérieur.

"Des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche rejoints par de nombreux délinquants se sont livrés à une violence débridées dans nos villes", a dit Emmanuel Macron.

"Rien de le justifie, rien de l'explique, rien ne l'excuse", a-t-il poursuivi, annonçant pour ce lundi une "cellule de crise" présidée par Sébastien Lecornu "pour mobiliser les aides les plus rapides".

Les maires de Paris, Lyon et Marseille et une partie de l'opposition ont critiqué la gestion du maintien de l'ordre par l'exécutif.

"Nos forces de l'ordre, malgré leur professionnalisme ont eu à subir une violence inouïe", a dit Emmanuel Macron. "J'ai demandé au gouvernement d'en tirer toutes les leçons en terme de renseignement et d'anticipation et faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire. J'attends des réponses claires et toute la transparence sera faite."

"CEUX QUI ONT DÉTRUIT DOIVENT PAYER"

Pour prévenir tout nouveau débordement, Emmanuel Macron a demandé aux préfets de prendre des décisions "en lien avec les maires" allant "jusqu'à interdire certains rassemblements".

Il a aussi appelé "l'ensemble des partis politiques, des organisations professionnelles et syndicales", prochainement réunis par le Premier ministre, "à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme".

"Le pays a besoin d'ordre, d'apaisement et pas d'une escalade", a-t-il considéré à six mois d'une élection présidentielle pour laquelle "nous avons besoin d'unité de calme et de respect".

Emmanuel Macron s'est adressé sans la nommer à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, accusée par le Premier ministre et une partie de la classe politique d'encourager les manifestations violentes.

"Tous ceux qui vous expliquent que l'urgence est de manifester et d'aller dans la rue n'ont qu'un but : abîmer la République et voler le débat", a dit Emmanuel Macron.

Pour ce qui est des responsables des violences, "ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser, ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre" a dit le président.

Emmanuel Macron s'est aussi adressé aux manifestants qui ont défilé par centaines de milliers samedi contre la vie chère et la situation dans les lycées et les universités, notamment.

"Jamais nous ne devons confondre ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé", a-t-il dit.

Evoquant les jeunes qui manifestent depuis des semaines, le président a estimé que "leur parole doit être entendue, sans a priori et sans minimiser les difficultés".

Emmanuel Macron doit effectuer en début de semaine une tournée au Proche-Orient qui le conduira au Koweït, aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar. Le chef de l'Etat n'a pas changé son programme malgré la situation en France, a fait savoir son entourage.

(Rédigé par Elizabeth Pineau, édité par Tangi Salaün)

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