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France: Macron appelle à une extrême vigilance face au "retour de l'odieux antisémitisme"
information fournie par AFP 12/07/2026 à 14:31

Le président français Emmanuel Macron, aux côtés de Charles Dreyfus, face à la statue du capitaine Alfred Dreyfus, à Paris, le 12 juillet 2026 ( POOL / Thomas SAMSON )

Le président français Emmanuel Macron, aux côtés de Charles Dreyfus, face à la statue du capitaine Alfred Dreyfus, à Paris, le 12 juillet 2026 ( POOL / Thomas SAMSON )

Le président Emmanuel Macron a appelé dimanche à une "vigilance" de "tous les instants" face à la résurgence de l'antisémitisme en France et appelé à apposer les noms des Justes dans tous les lieux où ils protégèrent des Juifs de la "barbarie nazie".

"Face à ce retour de l'odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants", a lancé le chef de l'État, qui présidait à Paris la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus, 120 ans jour pour jour après la décision de la Cour de cassation, la plus haute juridiction nationale.

Le capitaine Dreyfus, de confession juive, fut condamné pour haute trahison au profit de l'Allemagne sur la base de fausses preuves et envoyé au bagne à la fin du XIXe siècle dans un climat profondément antisémite en France, avant d'être réhabilité au terme d'une longue bataille de responsables politiques, écrivains et intellectuels pour la reconnaissance de son innocence.

Dans un contexte de retour de l'antisémitisme en France, "il est temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie", a ajouté M. Macron devant la Cour de cassation, en appelant "toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise".

"Nous savons que les vieux démons de l'antisémitisme n'ont jamais totalement disparu de notre pays", a-t-il ajouté.

Charles Dreyfus, petit-fils du capitaine Dreyfus (gauche), et le président français Emmanuel Macron, à Paris, le 12 juillet 2026  ( POOL / Thomas SAMSON )

Charles Dreyfus, petit-fils du capitaine Dreyfus (gauche), et le président français Emmanuel Macron, à Paris, le 12 juillet 2026 ( POOL / Thomas SAMSON )

Juste avant lui, Charles Dreyfus, 99 ans, petit-fils du capitaine Dreyfus, a aussi constaté "avec tristesse" la résurgence de l'antisémitisme.

Une statue représentant le capitaine dans la cour de l'École militaire, le 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, est désormais érigée sur la place devant la Cour de cassation.

"Cette venue de la statue au lieu même ou fut rendue la justice est tout un symbole", s'est félicité Charles Dreyfus, qui s'était battu pour qu'un lieu approprié lui soit trouvé.

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a de son côté annoncé qu'une place de la capitale française portant jusqu'ici le nom de l'écrivain nationaliste Maurice Barrès, un des plus féroces détracteurs d'Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite, porterait désormais le nom de Lucie Dreyfus, l'épouse du capitaine qui le soutint sans relâche dans son combat pour la justice.

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