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La France pourrait perdre 3,2 millions d'habitants entre 2026 et 2070 si les tendances démographiques se prolongeaient, a déclaré l'Insee lundi, l'office statistique s'attendant à ce que le solde migratoire ne compense plus le déficit naturel à partir de 2037.
Cette diminution du nombre d'habitants est "historique", a souligné lors d'une conférence de presse Loup Wolff, chef de l'unité des études démographiques et sociales à Insee. En dehors des périodes de guerre, "sur notre territoire, on n'a pas d'exemple d'une décroissance de la population de cette ampleur-là", a-t-il ajouté.
D'après les projections de population pour la France à l’horizon 2070 de l'Insee, le nombre d'habitants augmenterait légèrement entre 2026 et 2037 pour passer de 69,1 à 69,8 millions, mais "cette croissance démographique tiendrait exclusivement au solde migratoire", selon le communiqué.
L'Insee anticipe ensuite une baisse du nombre d'habitants, qui tomberait à 65,9 millions en 2070, le solde migratoire ne compensant plus le déficit naturel.
L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) devrait se stabiliser à 1,45 enfant par femme à partir de 2028, selon les projections de l'Insee, bien en-deçà du seuil de renouvellement des populations, qui est de 2,1.
Dans le même temps, le solde migratoire, soit la différence entre le nombre d'entrées et de sorties du territoire français, passerait à +150.000 habitants par an.
Alors que la poursuite du vieillissement est "inéluctable", selon l'Insee, les projections de l'institut estiment que le rapport de dépendance démographique passerait de 40 personnes de plus de 65 ans pour 100 personnes de 20 à 64 ans en 2026 à 49 en 2040.
Le rapport de dépendance démographique, qui mesure le nombre de personnes retraités pour 100 personnes actives, serait "plus incertain" entre 2040 et 2070, ajoute l'Insee, mais pourrait atteindre 62 voire 78 dans le scénario "population âgée" de l'institut.
L'augmentation "pose évidemment des questions de politiques publiques (...) pour le système de protection sociale, les retraites notamment, mais aussi en termes d'infrastructures et d'accompagnement des publics", a souligné Loup Wolff.
L'Insee précise que ces projections ne font pas office de prévisions, les paramètres sur lesquels il s'est basé pouvant être amenés à évoluer.
(Rédigé par Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

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