( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
L'activité manufacturière s'est contractée en mai, l'indice qui la synthétise plongeant pour la première fois depuis novembre sous le seuil de 50 qui distingue la zone de repli de l'activité de celle reflétant une croissance du secteur, selon l'indice PMI publié lundi par S&P Global.
L'indice s'est replié de 52,8 en avril à 49,7 en mai, "marquant un renversement de tendance par rapport à la plus forte amélioration de la conjoncture depuis presque quatre ans enregistrée" le mois dernier, souligne S&P Global.
Cette baisse s'explique par une diminution de la production et des nouvelles commandes en mai "sous l’effet de constitutions de stocks chez les clients", selon les auteurs de cette enquête mensuelle, réalisée à partir de réponses recueillies auprès d'un panel de 400 entreprises de l'industrie manufacturière.
Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, déjà très perturbées en avril, se sont accentuées en mai, causant "le plus fort allongement des délais de livraison des fournisseurs depuis janvier 2023", peut-on lire.
"Les pénuries de matières premières et de transports, le coût élevé du carburant et les commandes anticipées des clients ont pesé sur la capacité des fournisseurs", selon les entreprises interrogées.
Ces perturbations ont renforcé "les tensions inflationnistes" au deuxième trimestre, plus de la moitié des répondants (57%) faisant état d'une augmentation de leurs coûts en mai, avec un prix des achats qui "a atteint un sommet depuis quatre ans".
En conséquence, les entreprises ont augmenté leurs tarifs, avec des prix de vente qui ont connu leur plus forte hausse depuis plus de trois ans.
Dans ce contexte peu favorable, l'emploi dans le secteur manufacturier recule pour le quatrième mois consécutif.
Le climat d'incertitude, lié notamment à la guerre au Moyen-Orient, pèse sur le moral des entrepreneurs qui font preuve d'un "optimisme mesuré", note les auteurs.
Seuls un quart d'entre eux anticipe une hausse de leur activité dans l'année à venir, tout juste au-dessus de ceux qui prévoient une baisse (24%).
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