Edouard Philippe a présenté mardi ses propositions pour une réforme des retraites "responsable" et "juste" avec un âge légal de départ qu'il entend fixer à 65 ans et une durée de cotisation à 45 ans s'il est élu président de la République l'an prochain.
L'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron (2017-2020), âgé de 55 ans, est pour l'heure le candidat du centre et de la droite le mieux placé dans les sondages en vue du scrutin, même s'il est largement devancé dans les intentions de vote par Marine Le Pen (Rassemblement national), et parfois aussi dépassé par Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) au premier tour.
Le président d'Horizons, qui promet un programme "massif" de réformes et de réduction des dépenses publiques s'il parvient à l'Elysée en mai 2027, a dévoilé dans une vidéo postée sur YouTube les grands axes de son projet de refonte du système des retraites qu'il présente comme "responsable pour tous, juste pour chacun".
Jouant la carte de la responsabilité sur ce sujet éminemment inflammable qui a fait descendre des millions de Français dans les rues lors des tentatives de réforme de 1995 et 2023, Edouard Philippe, en costume bleu sombre, assis à une table, s'y déclare prêt à s'exposer "à des critiques et une certaine forme d'impopularité" parce que "le sujet est sérieux".
"Je sais que la réforme que je propose n’est pas populaire. Mais je ne cherche pas à gagner des points dans les sondages, je veux protéger les Français. Dans un monde dangereux, la gravité de notre situation financière nous oblige à agir. Ne rien faire, c’est nous exposer à une crise financière sans précédent", explique le maire du Havre.
L'ancien Premier ministre préconise une réforme en deux temps, remettre d'abord à l'équilibre le système par répartition - "c'est l'urgence et c'est possible" - puis "préparer l'avenir en construisant progressivement un système mixte associant répartition et capitalisation", avec un plan d'épargne retraite "à la portée de tous".
Il dit vouloir porter "en moins de dix ans" la durée de cotisation à 45 ans et l'âge de départ à 65 ans "pour les Français qui le peuvent", promettant que sa réforme "reconnaîtra les parcours difficiles".
"Je sais l’inquiétude que cette réforme suscite et l’effort qu’elle demande", souligne le candidat à la présidentielle, tout en se voulant porteur d'espoir : "Travailler plus longtemps n’est pas une fin en soi. C’est permettre à chacun de compter sur une retraite digne, à notre pays d’investir dans ses écoles et ses hôpitaux, à nos enfants de croire que le meilleur est devant eux."
(Jean-Stéphane Brosse, édité par Sophie Louet)

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