Le nombre de personnes contraintes de travailler dans des centres d'escroquerie en Asie a connu une très forte hausse, selon des données de l'agence des Nations unies chargée des migrations, ajoutant que certaines d'entre elles avaient été victimes d'abus sexuels.
A l'approche de la Journée mondiale contre la traite des personnes du 30 juillet, l'Organisation internationale pour les migrations rappelle que de gigantesques centres, employant jusqu'à 300.000 travailleurs en Birmanie, au Cambodge et au Laos, ont vu le jour pour mettre en place des stratagèmes en ligne visant à escroquer des personnes généralement âgées et résidant en Occident.
Selon l'OIM, nombre de ces personnes travaillant pour ces centres ont été victimes d'un piège à l'embauche, avec de fausses offres d'emploi promettant des contrats lucratifs aux candidats maîtrisant bien l'anglais et possédant un diplôme universitaire.
Une fois abusées, ces personnes se font confisquer leurs papiers d'identité et sont contraintes de participer à des opérations d'escroquerie en ligne sous la menace et la violence, a précisé l'OIM.
Certaines souffrent de traumatismes à la suite d'abus sexuels ou à des périodes d'isolement en cellule, selon Amy Pope, directrice générale de l'OIM.
"Les personnes piégées dans ces complexes dédiés à l'escroquerie sont des victimes de la traite, contraintes de commettre des crimes sous la violence, les menaces et la coercition", ajoute celle qui fut auparavant procureure chargée des affaires de traite des êtres humains.
"Nous devons travailler ensemble pour soutenir les survivants, mettre un terme aux agissements des trafiquants et combler les failles dont tirent parti ces réseaux criminels", a poursuivi Amy Pope.
Elle a salué l'engagement accru de certains gouvernements, comme celui de la Thaïlande, dans l'identification de ces centres, tout en soulignant qu'il fallait aller plus loin pour débusquer ceux qui opèrent dans des régions reculées d'Asie où l'application de la loi est défaillante.
"L'OIM appelle à un soutien continu en faveur des victimes de la traite des personnes, notamment par le biais de mesures de protection, d'un retour sûr et d'une réintégration durable", déclare l'agence des Nations Unies dans un communiqué.
"L'Organisation appelle également à intensifier les efforts de sensibilisation aux méthodes employées par les trafiquants afin que chacun puisse reconnaître les risques et savoir où obtenir de l'aide", poursuit-elle.
(Emma Farge, Version française Benoit Van Overstraeten)

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