par Mark Gleeson
Le choix du site de la finale de la Coupe du monde de football en 2030 pourrait déclencher une intense lutte diplomatique et politique alors que la Fédération internationale n'a pas encore annoncé sa décision pour ce tournoi co-organisé par le Maroc, le Portugal et l'Espagne.
Cette dernière assure qu'elle sera l'hôte du match mais le Maroc, qui construit aux abords de Casablanca un nouveau stade de 115.000 places pour 12 milliards de dollars, espère bien avoir encore son mot à dire et la lutte est déjà lancée dans les coulisses du football mondial.
Le stade Hassan II, dont l'achèvement est prévu en fin d'année prochaine, doit devenir le plus grand stade de football au monde.
L'Espagne peut pour sa part se prévaloir de deux enceintes déjà existantes pour accueillir une finale de Coupe du monde: le Santiago Bernabéu à Madrid, doté de 83.000 places depuis sa rénovation achevée fin 2024, et le Camp Nou de Barcelone, partiellement rouvert et dont les travaux censés porter sa capacité à 105.000 places ont pris du retard.
Les premières salves de ce qui s'annonce comme une intense campagne de lobbying ont été tirées en janvier par le président de la Fédération espagnole de football, Rafael Louzán, qui a insisté sur le fait que l'Espagne serait choisie en essayant de profiter de la confusion de la finale de la dernière Coupe d'Afrique des nations au Maroc en janvier.
"L'Espagne a fait ses preuves en matière d'organisation depuis de nombreuses années et c'est donc l'Espagne qui va diriger cette Coupe du monde 2030 et c'est là que se jouera la finale du tournoi", a-t-il déclaré aux journalistes.
"Le Maroc connaît une véritable transformation, c'est vrai, mais certaines scènes observées lors de certains matches de la Coupe d'Afrique des nations ne nuisent pas seulement à la CAN, mais aussi à l'image du football mondial", a ajouté Rafael Louzán.
Le puissant président de la Fédération marocaine de football, Fouzi Lekjaa, n'a pas réagi, déclarant récemment à la télévision publique de son pays: "Aucune décision n'a été prise à ce jour concernant l'attribution des matches. Ces choix se font exclusivement par des concertations entre les trois pays hôtes et la Fifa."
Mais des sources au sein des instances dirigeantes du football africain confirment que le Maroc mène une offensive en coulisses pour obtenir l'organisation de la finale à Casablanca.
Si Casablanca était retenue, elle serait seulement la deuxième ville africaine à accueillir une finale de Coupe du monde après Johannesburg en 2010, où l'Espagne avait remporté son unique titre mondial à ce jour.
Lors de la Coupe du monde 1982, organisée en Espagne, la finale s'était disputée au stade Santiago Bernabéu, où l'Italie s'était imposée 3-1 face à l'Allemagne de l'Ouest.
(Rédigé par Mark Gleeson à Atlanta; version française Clément Martinot)

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