Coupe du Monde de la FIFA 2026 - Finale - Espagne - Argentine
Si l'Espagne n'a pas toujours été flamboyante lors de la Coupe du monde de football masculin, qu'elle a remportée dimanche aux dépens de l'Argentine (1-0), elle a démontré sa maîtrise collective et sa confiance, sachant être fluide et patiente avec le ballon mais également tenace sans la possession.
La "Roja" a obtenu le deuxième sacre de son histoire (après 2010) en réaffirmant l'identité qui lui avait notamment permis, deux ans plus tôt, de remporter le Championnat d'Europe pour une quatrième fois - un record.
Face à l'Argentine championne du monde en titre, les Espagnols ont fait circuler le ballon et l'ont protégé comme s'il s'agissait d'un trésor national, refusant de tomber dans la précipitation, même quand leur adversaire s'est retranché en défense en infériorité numérique et que les minutes défilaient.
Au final, comme un symbole de cette Espagne construite sur le principe qu'aucun joueur n'est plus important que le collectif, le but victorieux est venu dimanche du banc de touche. Les remplaçants Nico Williams, passeur décisif, et Ferran Torres, buteur, ont concrétisé la domination de leur équipe durant la seconde période de la prolongation.
Les Espagnols avaient déjà fait la différence grâce à leurs remplaçants lors de précédents matches à élimination directe dans le tournoi.
Plus que n'importe quel schéma tactique, cela en dit long sur la sélection dirigée par Luis de la Fuente. Elle n'est pas composée de solistes avides de la lumière des projecteurs, mais s'apparente plutôt à un orchestre dans lequel même les derniers arrivés connaissent la partition par coeur.
L'Espagne a terminé la finale avec plus de 65% de possession de balle, 12 tirs cadrés et plus de deux fois plus de passes réussies que l'Argentine, qui a effectué sa première tentative - hors cadre - seulement en fin de prolongation.
PAS DE VRAI BUTEUR ? PAS VRAIMENT UN PROBLÈME
Ce fut une domination, mais pas une démolition. Les champions d'Europe en titre ont dû suer pour s'imposer, l'absence d'un avant-centre traditionnel ayant de nouveau été mise en évidence par leur nombre d'occasions non concrétisées.
Si l'absence d'un buteur impitoyable reste le talon d'Achille de cette équipe, c'est à peu près son seul point faible, compensé par ailleurs par sa certitude collective.
Tous les prix individuels du tournoi ont tout de même été remportés par des Espagnols : Pau Cubarsi a été nommé meilleur jeune joueur, Unai Simon meilleur gardien et Rodri meilleur joueur du tournoi. Seul le Soulier d'or leur a échappé, revenant à Kylian Mbappé (10 buts), désormais également meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde devant Lionel Messi.
Illustration de la force collective sur laquelle l'Espagne a bâti son succès, ses 14 buts en huit matches dans ce Mondial 2026 ont été marqués par huit joueurs différents. A l'Euro 2024, déjà, elle avait établi un record dans la compétition avec 16 buts inscrits par 10 joueurs différents.
En battant l'Argentine, l'Espagne a également prolongé sa série d'invincibilité, portée à 38 matchs, ce qui lui permet de dépasser l'Italie dans les registres et met en exergue trois années de domination sur le football international.
Cette Coupe du monde représente par ailleurs une revanche personnelle pour Luis de la Fuente, jadis raillé par les médias espagnols, qui le surnommaient "Luis de la 'Qui'" en raison d'une carrière d'entraîneur passée en grande partie dans l'anonymat à la tête d'équipes de jeunes de la Fédération espagnole de football. Il a utilisé cet apprentissage pour aller décrocher la plus grande récompense de son sport.
(Reportage de Fernando Kallas)

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