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Face à l'aggravation de la crise démographique, l'Italie réduit ses effectifs dans l'éducation
information fournie par Reuters 02/11/2026 à 16:32

par Alvise Armellini

Le gouvernement italien procède à des réductions d'effectifs parmi les personnels enseignant et non-enseignant alors que la chute du taux de natalité dans le pays entraîne une diminution du nombre d'élèves dans les classes, une mesure qui suscite des protestations de la part des syndicats, des chefs d'établissement et des partis d'opposition.

"Le déclin démographique est bien réel, c'est un problème très grave. Mais il ne peut servir de prétexte pour affaiblir davantage notre système d'enseignement public", a déclaré lundi Mario Rusconi, de l'association des chefs d'établissement Anp, au quotidien "La Repubblica".

Le ministère de l’Éducation n’a pas pu être joint dans l'immédiat pour commenter cette information.

Le projet de loi de finances pour 2027, approuvé par le conseil des ministres la semaine dernière, prévoit la suppression de 4.925 postes d’enseignants et de 2.049 postes de personnel non-enseignant à compter de l’année scolaire 2027-2028.

Il instaure également un plafond de 75% pour les embauches dans le secteur public destinées à remplacer le personnel partant à la retraite, ce qui, selon les estimations du gouvernement, devrait permettre de réaliser une économie de 336 millions d’euros sur la période 2027-2028.

Ces mesures s’ajoutent aux coupes précédentes prévues par la loi de finances 2025, qui supprime 5.660 postes d’enseignants sur l’année scolaire 2025-2026, et 2.174 postes de personnel non-enseignant à partir de l’année scolaire 2026-2027.

BAISSE DES EFFECTIFS SCOLAIRES

L’Italie est confrontée à l’une des pires crises démographiques d’Europe, avec des répercussions inévitables sur sa population scolaire. Selon les données officielles, le nombre d’élèves dans le primaire et le secondaire est passé de 8,4 millions en 2017-2018 à 7,7 millions en 2024-2025.

"La baisse des effectifs scolaires devrait être l’occasion de réduire la taille des classes et d’améliorer la qualité de l’enseignement. Au lieu de cela, les effectifs continuent d’être réduits, ce qui aggrave les difficultés d’un système déjà accablé par la précarité de l’emploi", déplore le syndicat UIL.

Le gouvernement de droite de Giorgia Meloni dispose d’une marge de manœuvre très limitée pour des dépenses supplémentaires, contraint par les limites de déficit imposées par l’UE et la flambée des coûts énergétiques qui pèsent sur une économie à croissance lente et ont poussé l’inflation à 5,6% en octobre.

Son gouvernement, qui devra faire face à des élections l'année prochaine, est également confronté à des manifestations liées à la crise du coût de la vie, qui ont parfois dégénéré en violences, et ont été pour certaines impulsées par des lycéens et étudiants réclamant davantage d'investissements dans les écoles et les universités.

(Reportage de Alvise Armellini, avec la contribution de Giuseppe Fonte Version française Matthieu Huchet)

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