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Espagne-Pedro Sanchez perd un soutien de taille à l'approche des élections législatives
information fournie par Reuters 04/11/2026 à 13:16

par David Latona

Le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé mercredi que son adjoint Carlos Cuerpo assurerait l'intérim au ministère des Transports au lendemain de la démission surprise du titulaire du portefeuille, Oscar Puente, à la suite de deux catastrophes ferroviaires survenues en moins d'un an dans le pays.

La situation se complique pour le dirigeant socialiste, qui perd là l'un de ses proches alliés à l'approche des élections législatives anticipées du 29 novembre - un scrutin que le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) aborde en position de faiblesse face à une opposition conservatrice en progression dans les sondages.

Dans une brève allocution télévisée, Pedro Sanchez a salué la dignité politique d'Oscar Puente, affirmant que sa décision, prise six jours après la collision entre deux TGV qui a coûté la vie à 69 personnes dans la province de Tolède, avait aidé le pays à retrouver confiance dans le réseau ferroviaire.

Le remplacement d'Oscar Puente par Carlos Cuerpo, premier vice-président du gouvernement et également ministre de l’Économie, prive le parti au pouvoir d'une de ses figures les plus combatives, mais aussi des plus clivantes.

Oscar Puente a pris de court les députés en annonçant mardi sa démission au terme d'une audition de quatre heures devant une commission parlementaire, au cours de laquelle la majorité des élus de tous bords l'ont pressé d'assumer la responsabilité des deux catastrophes ferroviaires qui ont fait 115 morts au total.

L’un des ministres les plus fidèles et les plus en vue du gouvernement, Oscar Puente avait en effet rejeté à plusieurs reprises toute idée de démission, expliquant vouloir mener à bien l’enquête sur l’accident d'Urda, qu'il a imputé à une erreur humaine. Une explication qui lui a valu les critiques de l'opposition comme de la gauche, l'accusant de s'exonérer d'un drame dû selon elles à la mauvaise gestion du réseau ferré.

Mais Oscar Puente a révélé mardi qu’il avait en réalité pris sa décision dès le lendemain de l’accident du 28 octobre, n’en informant que sa famille.

Sa démission ne prendra effet qu’une fois publiée au Journal officiel. Le ministre démissionnaire a également déclaré qu’il ne se présenterait pas aux élections du 29 novembre.

"CHIEN D’ATTAQUE" DE SANCHEZ

Selon les sondages réalisés après l’accident de mercredi dernier, une légère baisse de popularité des socialistes au pouvoir a été mesurée.

Ces derniers espéraient miser lors de la campagne électorale sur leur capacité à préserver les services sociaux et à lutter contre la crise du logement.

L'analyste politique indépendant Eduardo Bayon estime que la démission d'Oscar Puente impose au gouvernement des efforts en matière d'investissements, mais prive aussi le Parti populaire (PP, droite) de sa principale cible, le contraignant à réorienter le débat.

"Le gouvernement doit combler ce vide par des mesures concrètes en matière de sécurité ferroviaire et d'investissement — la confiance dans le train à grande vitesse restera un thème de campagne", dit-il.

En fonction depuis novembre 2023, Oscar Puente était critiqué par les syndicats et les partis d’opposition pour le sous-investissement dans l’entretien du réseau ferroviaire et la multiplication des perturbations.

Dès février, une motion du Sénat exigeant sa démission avait été examinée après un déraillement mortel survenu à Adamuz (Andalousie) le 18 janvier, sur la même ligne à grande vitesse.

Le style pugnace de Puente, surnommé le "chien d’attaque" du chef du gouvernement, le désignait jusqu'alors comme l’un des principaux prétendants à la potentielle succession de Pedro Sanchez.

"Des hommes politiques comme (Oscar Puente) font honneur à notre pays et nous montrent que nous ne sommes pas tous pareils. Alors que certains se contentent de prêcher, d’autres se donnent à fond", a déclaré amèrement Pedro Sanchez mercredi, ajoutant que son ministre s’était "mobilisé, avait proposé des solutions, puis s’était effacé".

Le chef du PP, Alberto Núñez Feijoo, a réagi au message de Pedro Sanchez publié sur X en invitant ce dernier à imiter son ministre.

"Appliquez cela à vous-même", a-t-il écrit.

(Rédigé par David Latona et Victoria Waldersee ; version française Etienne Breban, édité par Sophie Louet)

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