Le président du
gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui veut renforcer sa
position au niveau national, va être confronté au défi
d'élections cruciales en Catalogne la semaine prochaine, où le
courant indépendantiste pourrait sortir renforcé.
Pedro Sanchez souhaite prendre le contrôle de la région
catalane lors du scrutin du 12 mai au détriment des
indépendantistes. Mais un mauvais résultat de son Parti
socialiste espagnol (PSOE) pourrait fragiliser les alliances
parlementaires et mettre en danger la stabilité de son
gouvernement minoritaire à Madrid.
Pedro Sanchez, âgé de 52 ans, dirige depuis l'an dernier un
gouvernement sans majorité absolue au Congrès des députés,
chambre basse du Parlement espagnol, après des élections
législatives anticipées sans vainqueur évident qu'il avait
lui-même décidé de provoquer.
Le scrutin pourrait aussi voir un retour en force du courant
indépendantiste catalan.
Les sondages d'opinion font état d'un avantage confortable
pour le candidat du Parti socialiste, Salvador Illa, devant les
candidats de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et de
Junts per Catalunya, au coude à coude pour la deuxième place.
Une victoire des socialistes conforterait Pedro Sanchez et
sa politique de main tendue vers le courant indépendantiste. Le
président du gouvernement a proposé une amnistie pour les
indépendantistes catalans en échange de leur soutien au
gouvernement espagnol de coalition.
Une victoire du Parti socialiste de Pedro Sanchez pourrait
rassurer le dirigeant espagnol qui a annoncé lundi rester à son
poste après avoir laissé planer la menace d'une démission en
raison d'une enquête ouverte contre sa femme, soupçonnée de
trafic d'influence et de corruption.
Les Socialistes devront remporter 68 sièges pour s'adjuger
une majorité au Parlement catalan s'ils ne veulent pas être
forcés de nouer des alliances avec notamment les rivaux du Parti
du peuple (PP, conservateur), qui ressemblerait à une victoire à
la Pyrrhus.
Junts per Catalunya a d'ores et déjà annoncé qu'en cas
d'accord entre le PSOE et le PP, le parti indépendantiste
retirerait son crucial soutien au gouvernement de coalition de
Pedro Sanchez, bloquant le processus législatif à Madrid.
Et si les partis indépendantistes parvenaient à mettre de
côté leur inimitié et former une alliance, Pedro Sanchez
subirait le double affront d'une défaite régionale couplé à un
regain du mouvement indépendantiste catalan qui pourrait porter
la question au niveau national.
Carles Puigdemont, ancien président de la Catalogne un temps
en exil en Belgique, est le candidat de Junts per Catalunya et
cherche à revenir en vainqueur. Les charges qui pèsent sur lui
devraient être levées en mai ou en juin, lorsque l'amnistie
entrera en vigueur.
AVANTAGE SOCIALISTE
Une élection au Pays basque le mois dernier a souligné
l'importance de la politique régionale sur la politique
espagnole.
A cette occasion, les socialistes ont fait leur entrée dans
la coalition locale aux côtés du parti basque BNV, qui a soutenu
en échange l'alliance de Pedro Sanchez à l'échelle nationale.
En Catalogne, les socialistes vont chercher à réitérer leur
bonne performance de l'année dernière quand ils avaient
largement fini en tête du scrutin local, un résultat interprété
comme le signe d'un essoufflement du sentiment indépendantiste.
L'objectif cette année est d'obtenir plus de 40 sièges sur
les 135 que compte la chambre régionale, selon Lluisa Moret,
cheffe de campagne du PSOE. Les socialistes disposent
actuellement de 33 sièges, comme ERC, et un de plus que Junts
per Catalunya.
Lors d'un meeting tenu récemment, Salvador Illa, ancien
ministre de la Santé et candidat du PSOE n'a pas mentionné
Carles Puigdemont et n'a fait aucune référence à l'amnistie
accordée aux séparatistes, critiquée par certains électeurs
socialistes.
Salvador Illa a fait campagne en promettant de tourner la
page d'une "décennie perdue" de séparatisme et de se concentrer
sur le changement climatique - un problème particulièrement
d'actualité en Catalogne.
"Illa serait un bon président car il croit au dialogue. La
Catalogne est à un moment où elle a besoin d'une
réconciliation", pense David Carjaval, 20 ans, présent à un
meeting de campagne du candidat socialiste.
DES BUS VERS LA FRANCE
Carles Puigdemont a déclaré qu'il s'apprêtait à retourner en
Catalogne après six ans et demi d'exil pour la prochaine session
de serment même s'il risque d'être arrêté malgré l'amnistie.
Il mène campagne depuis le sud de la France, son parti
mettant en place des navettes pour permettre aux électeurs de
rallier la ville d'Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) et
assister aux meetings de campagne.
Carles Puigdemont a fui l'Espagne en 2017 à la suite d'une
déclaration unilatérale d'indépendance qui a incité Madrid à
destituer l'exécutif autonome de Catalogne, à dissoudre le
Parlement régional et à mettre sous tutelle la région.
Selon l''éditorialiste espagnol Josep Ramoneda, le scrutin
catalan déterminera si les électeurs souhaitent tourner la page
de 2017 ou non.
"Ce serait une grave erreur et une mauvaise stratégie pour
Puigdemont de dire 'nous allons recommencer.'"
(Version française Zhifan Liu, édité par Kate Entringer)
Espagne-Pedro Sanchez face au risque indépendantiste en Catalogne
information fournie par Reuters 02/05/2024 à 11:35
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