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En Arménie, Macron prône la "relation singulière" avec la France
information fournie par AFP 05/05/2026 à 10:59

Emmanuel Macron s'est recueilli mardi à Erevan en Arménie, au mémorial des Arméniens victimes des massacres de 1915, le 5 mai 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Emmanuel Macron s'est recueilli mardi à Erevan en Arménie, au mémorial des Arméniens victimes des massacres de 1915, le 5 mai 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Emmanuel Macron s'est recueilli mardi à Erevan au mémorial des Arméniens victimes des massacres de 1915, avant de conclure un partenariat stratégique avec cette ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie.

Le président s'est avancé, acccompagné de son homologue Vahagn Khatchatourian, sur l'immense esplanade faisant face au mont Ararat, sur les hauteurs de la capitale arménienne, d'où s'élève une grande flèche de granit symbolisant la nation arménienne.

Il a déposé un oeillet blanc devant la flamme éternelle en mémoire du massacre d'un million et demi d'Arméniens sous l'Empire ottoman, reconnu comme un génocide par la France. "Mémoire et tombeau face à l'imprescriptible. Pour que résonne chaque nom et pour que l'oubli s'éloigne", a-t-il écrit dans le livre d'or du mémorial.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Le président français Emmanuel Macron, le président arménien Vahagn Khachaturyan et des responsables déposent des fleurs au mémorial du génocide arménien de Tsitsernakaberd à Erevan, le 5 mai 2026. ( AFP / Ludovic MARIN )

Le président français Emmanuel Macron, le président arménien Vahagn Khachaturyan et des responsables déposent des fleurs au mémorial du génocide arménien de Tsitsernakaberd à Erevan, le 5 mai 2026. ( AFP / Ludovic MARIN )

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat: Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

- "La Russie pas là" -

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

Armenia's President Vahagn Khachaturyan, France's President Emmanuel Macron and Armenia's Prime Minister Nikol Pashinyan share a toast during a state dinner in the honour of the French leader at the presidential palace in Yerevan on May 4, 2026. ( AFP / Ludovic MARIN )

Armenia's President Vahagn Khachaturyan, France's President Emmanuel Macron and Armenia's Prime Minister Nikol Pashinyan share a toast during a state dinner in the honour of the French leader at the presidential palace in Yerevan on May 4, 2026. ( AFP / Ludovic MARIN )

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

- Efforts de défense -

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer à la mi-journée un partenariat stratégique consacrant des "efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Emmanuel Macron en visite au musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens, à Erevan en Arménie, le 5 mai 2026  ( AFP / Ludovic MARIN )

Emmanuel Macron en visite au musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens, à Erevan en Arménie, le 5 mai 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Emmanuel Macron a aussi visité le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian vont aussi se rendre à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.

1 commentaire

  • 11:18

    Pendant la descente des marches (parade) de Macron, Brigitte est restée cachée dans l'avion (pour éviter de lui faire de l'ombre ?)


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