La presse a évoqué une "réunion de crise" en raison d'une "forte consommation" de missiles air-air MICA par les Rafale français pour venir en aide aux Émirats arabes unis.
Sébastien Lecornu à Vernon, le 15 mars 2026. ( POOL / MARTIN LELIEVRE )
C'est une réunion prévue de longue date, mais qui prend un dimension particulière dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Sébastien Lecornu réunit mardi 17 mars à Matignon plusieurs ministres et responsables civils et militaires pour évoquer "l'économie de guerre" du pays et "évaluer" la capacité des industriels à répondre aux commandes, alors que le conflit en Iran remet la question des munitions sur le devant de la scène.
Les industriels ne sont pas conviés mais plusieurs ministres, dont Catherine Vautrin (Armées) et David Amiel (Comptes publics) ainsi que le chef d'état-major Fabien Mandon, le délégué général pour l'armement (DGA) Patrick Pailloux ou encore le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) Nicolas Roche.
Le Premier ministre entend "dresser un bilan clair des trois années d'économie de guerre engagées par la France" , en soulignant des "progrès" mais "cet effort doit encore être amplifié" face à "l'évolution rapide de la situation internationale".
Cette réunion permettra en outre "d'évaluer précisément la capacité des industriels à répondre aux commandes supplémentaires prévues dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire" envisagée au printemps.
Tensions sur les missiles air-air
Le journal économique en ligne La Tribune évoquait lundi une "réunion de crise" en raison d'une "forte consommation" de missiles air-air MICA par les Rafale français pour venir en aide aux Émirats arabes unis et intercepter des drones dans le ciel de ce pays allié.
Le stock de missiles MICA a rapidement fondu et pose le problème plus large du stock des munitions, selon La Tribune.
Matignon rappelle que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà, lors d'un débat en décembre devant l'Assemblée nationale, souligné "l'urgence à reconstituer (les) stocks" de munitions, "tant pour les missiles complexes que les obus ou les petits calibres" et proposé "un passage à l'échelle de la production en masse de drones".
Le budget pour 2026 prévoit pour ce faire "un demi-milliard d'euros supplémentaires" de commandes, ajoute Matignon, en soulignant que cette réunion permettra de faire un bilan des initiatives de financement" de la chaîne de sous-traitance des industriels de défense.
L'état-major des Armées se refuse à indiquer le nombre de drones interceptés par des moyens français au Moyen-Orient, affirmant qu'il revient aux États partenaires de le faire.
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