Image tirée d'une vidéo diffusée le 17 juillet 2026 par le Commandement central américain (Centcom) montrant ce que l'armée présente comme de nouvelles frappes sur des sites stratégiques militaires iraniens ( US Central Command (CENTCOM) / - )
Deux militaires américains ont été tués par des frappes iraniennes en Jordanie, ont annoncé samedi les Etats-Unis, auxquels le guide suprême iranien a menacé d'infliger des "leçons inoubliables", après plus de dix jours de bombardements sur son pays qui a riposté en visant des alliés de Washington au Moyen-Orient.
Outre les deux soldats américains tués, les premiers depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, un autre est porté disparu, selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) qui a précisé que les faits s'étaient produits vendredi lors d'"attaques de missiles et drones iraniens".
"Maintenant que l'ennemi américain cherche à inciter à la guerre (...) il doit savoir que la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir", a affirmé l'ayatollah Mojtaba Khamenei dans un message écrit rapporté samedi par la télévision d'Etat.
"La violation répétée" du protocole d'accord signé entre les deux pays le 17 juin pour faire taire les armes "a une fois de plus démontré à tous que la signature du président américain [Donald Trump] est sans valeur", a-t-il ajouté.
Plus tôt samedi, Téhéran a frappé des infrastructures civiles au Koweït pour le deuxième jour consécutif, alors que son armée avait principalement ciblé des bases américaines chez ses voisins du Golfe depuis le début de la nouvelle flambée de violences.
Selon les autorités koweïtiennes, les frappes ont gravement endommagé un site pétrolier "vital" et mis à l'arrêt plusieurs unités de production dans une centrale électrique et de dessalement d'eau. Une installation similaire avait déjà été touchée la veille.
Alors que la température a atteint 47°C samedi au Koweït, les autorités ont condamné le ciblage de ces "infrastructures essentielles" qui met "en danger la vie et la sécurité des civils", tandis que le Conseil de coopération du Golfe, qui fédère les pétromonarchies de la région, a dénoncé des "crimes de guerre".
"La peur de voir des coupures d'électricité est évidente, vu les appels généraux à réduire la consommation et à éteindre les appareils non essentiels", témoigne auprès de l'AFP Ali Mahmoud, un Egyptien de 46 ans qui travaille chez un fournisseur d'électricité koweïtien et parle de "l'inquiétude" de la population de "voir la guerre s'étendre".
"Crimes de guerre"
En Iran, les autorités locales d'Hormozgan, province riveraine du détroit d'Ormuz et plusieurs fois visée ces derniers jours, ont affirmé que les attaques américaines avaient "complètement détruit" une station de pompage d'eau de mer et un transformateur électrique d'une usine de dessalement.
L'armée américaine a, elle, indiqué avoir visé dans la nuit en Iran "des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d'armes et des moyens maritimes", sans mentionner de cibles civiles.
La veille, l'ONU avait jugé "inacceptables" les attaques d'infrastructures civiles. L'Iran avait notamment accusé les Etats-Unis d'avoir bombardé son réseau électrique, des ponts et des infrastructures de télécommunication, commettant ainsi des "crimes de guerre".
Selon un bilan communiqué samedi par le ministère iranien de la Santé, les frappes américaines ont fait 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
Les attaques se multiplient dans la région depuis que les hostilités ont repris le 7 juillet, atteignant un niveau sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin à la guerre déclenchée par l'offensive israélo-américaine sur l'Iran fin février.
Parallèlement, des incidents maritimes se succèdent dans le détroit d'Ormuz. Son déverrouillage par l'Iran était le principal acquis du protocole d'accord censé mener à la paix, mais le trafic maritime y est désormais à nouveau pratiquement à l'arrêt.
Explosions à Bahreïn
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes "se poursuivraient jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz".
Près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures transitait par ce détroit stratégique avant la guerre.
Les Etats-Unis ont pour leur part réimposé leur blocus des ports iraniens, qu'ils avaient levé après la signature du protocole d'accord.
Les Gardiens ont annoncé samedi avoir "stoppé" à coup de drones et de missiles quatre navires qui tentaient de franchir sans leur autorisation le détroit où, toujours selon Téhéran, deux pétroliers ont sauté sur des mines, une affirmation démentie par l'armée américaine.
Dans la foulée de l'attaque sur le Koweït, la compagnie aérienne nationale a annoncé le report de la plupart de ses vols.
Ailleurs dans le Golfe, un journaliste de l'AFP a entendu plusieurs explosions à Manama (Bahreïn) après le déclenchement de sirènes d'alerte, l'armée indiquant peu après avoir intercepté une nouvelle vague d'attaques iraniennes. L'armée iranienne avait dit y avoir ciblé une base américaine.

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