De son exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d'Iran renversé en 1979, cherche à s'imposer comme le leader de la contestation en cours dans la République islamique même si sa popularité dans le pays reste difficile à mesurer.
Depuis le début des manifestations il y a deux semaines, il multiplie les appels à mettre à bas le régime théocratique, comme il l'avait fait pendant les vagues de protestation du mouvement vert en 2009 ou de "Femme, vie, liberté" en 2022.
Reza Pahlavi, qui est âgé de 65 ans, encourage les Iraniens à se battre contre l'oppression et promet de regagner prochainement la République islamique pour y assurer la transition vers un régime démocratique.
Mairé, père de trois enfants, il a été désigné chah d'Iran en 1980 par la cour royale en exil après la mort de son père Mohammad Reza Pahlavi dans un hôpital du Caire des suites d'un cancer.
Son nom ou le slogan "Longue vie au chah", comme le montrent des vidéos authentifiées par Reuters, sont régulièrement scandés dans les rassemblements qui ont essaimé dans tout le pays depuis le 28 décembre.
Mais d'autres slogans tels que "Mort au dictateur", en référence au guide suprême de la Révolution Ali Khamenei, appellent plus simplement au changement de régime.
"Tout ce que Reza Pahlavi a appris sur la gestion d'un pays vient de son père, qui a échoué pour cette raison. Nous avons eu les Pahlavi, il est temps d'avoir aujourd'hui un pays démocratique", écrit Azadeh, 27 ans, dans un message envoyé du nord de l'Iran.
PRUDENCE DES OCCIDENTAUX
L'opposition iranienne est aujourd'hui très divisée alors qu'en 1979, l'ayatollah Ruhollah Khomeni avait réussi à incarner la révolution en fédérant même derrière son nom les Iraniens favorables à l'établissement d'un régime laïque, face à une monarchie honnie pour ses richesses dans un pays miné par des inégalités criantes et à la répression menée par le Savak, l'appareil de sécurité et de renseignement du régime.
Né en 1960, Reza Pahlavi a quitté l'Iran avant la chute de son père pour suivre une formation de pilote de chasse aux Etats-Unis. Il a également étudié les sciences politiques à l'université.
Il a gagné en popularité auprès de la diaspora, notamment auprès des Iraniens installés outre-Atlantique, en dénonçant sans relâche le régime théocratique et en appelant au changement.
Il s'est rendu en Israël, proche allié de son défunt père, en 2023, où il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et soutenu les frappes israéliennes et américaines de juin dernier contre les installations nucléaires de la République islamique.
Mais il n'est pas parvenu encore à gagner le soutien appuyé de Washington et des capitales européennes.
Le président américain Donald Trump, qui a brandi à plusieurs reprises ces derniers jours la menace d'une intervention américaine en cas de répression brutale contre les manifestants, a déclaré vendredi qu'il n'était "pas certain qu'il soit approprié" de rencontrer le fils du dernier chah d'Iran.
(Rédigé par Edmund Blair, Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

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