Des combattants houthis prennent part à une manifestation à Sanaa pour recruter de nouveaux soldats, le 7 octobre 2026 ( AFP / Mohammed HUWAIS )
Les Houthis du Yémen ont encore ciblé jeudi l'aéroport international de Ryad, qui a demandé aux passagers de contacter leur compagnie avant de se rendre sur place, dans un conflit qui s'intensifie entre le royaume et les combattants pro-iraniens.
Les explosions, qui se sont multipliées cette semaine, ont été entendues jusqu'au coeur de la capitale saoudienne, poussant des élèves des écoles internationales et diplomates à se mettre à l'abri.
La veille, les autorités aériennes avaient déploré trois morts et des dizaines de blessés après des attaques sur deux aéroports du pays, alors que l'Arabie saoudite est parallèlement engagée dans une contre-offensive sur le sol yéménite, où elle soutient le gouvernement internationalement reconnu.
Les hostilités entre les Houthis, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d'une décennie, et le gouvernement, se sont réveillées en juillet après des années d'accalmie, devenant le nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.
Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations pétrolières du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et ont appelé jeudi le personnel de ces sites à partir.
Ces derniers jours, la pression s'est accentuée sur les infrastructures aéroportuaires.
Les Houthis ont revendiqué jeudi deux tirs de missiles balistiques contre l'aéroport de Ryad, exhortant les compagnies aériennes à éviter le pays. Ryad a de son côté dit les avoir interceptés.
"Merci de contacter votre compagnie et de confirmer le statut de votre vol avant de vous rendre à l'aéroport", a cependant averti l'aéroport de Ryad sur X.
A l'aéroport, où des compagnies comme Air France et Lufthansa avaient déjà annulé ces derniers jours leurs vols, les panneaux d'affichages signalaient plusieurs reports et annulations.
"Panique"
Des journalistes de l'AFP ont signalé une série d'explosions, dans l'un des épisodes les plus violents dans la capitale depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran fin février.
Des diplomates se sont mis en lieu sûr dans le quartier diplomatique de la capitale. Des écoles internationales ont aussi pris des précautions, selon les témoignages d'habitants, les enfants se réfugiant dans certains cas au sous-sol par mesure de sécurité.
"Ma fille m'a appelée. Elle était en panique", a raconté à l'AFP une mère de famille ayant requis l'anonymat.
Dans le quartier d'affaires de Ryad, des entreprises ont évacué le personnel de la zone, ont indiqué deux employés à l'AFP.
Plus de 200.000 déplacés
Parallèlement, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement lundi de l'opération "Aube du Yémen" lancée par les forces gouvernementales avec l'appui aérien de Ryad.
Une famille de déplacés au Yémen porte des matelas après avoir dû fuir sa maison en raison des combats entre les Houthis et les forces gouvernementales à Hajjah, le 7 octobre 2026 ( AFP / Essa AHMED )
Sur la seule journée de jeudi, les affrontements dans le sud-ouest du pays ont fait au moins 83 morts, ont indiqué à l'AFP des sources militaires dans les deux camps.
L'objectif est de faire reculer les Houthis, qui ont pris au terme d'une offensive éclair en septembre le contrôle de l'ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, et renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, reliant l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.
Si le gouvernement parle de "victoires sur plusieurs fronts", les combattants pro-iraniens ont démenti avoir cédé du terrain et des sources militaires des deux bords n'ont pas fait état d'évolutions majeures sur les lignes de front.
La reprise des hostilités a fait plus de 200.000 déplacés au Yémen, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), qui s'est alarmée mercredi du manque de financements nécessaires pour faire face à cette nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.
Face aux attaques incessantes des Houthis, en Arabie saoudite comme au Yémen, Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu'ici.
La Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite se sont mis d'accord pour passer "immédiatement à la mise en pratique" d'un accord de défense, signé en août à La Mecque. Ils ont annoncé lundi leur intention de "fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume" - ce qui n'a pas été suivi d'effets connus pour l'heure.

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