Des lycéens manifestent contre Parcoursup et pour leurs conditions de travail à Bordeaux, le 17 octobre 2026 ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )
En plein mouvement de jeunesse, le gouvernement a fini par promettre de modifier le système d'accès aux études supérieures Parcoursup, mais refuse de l'abroger, comme le réclament des organisations étudiantes et lycéennes. Tour d'horizon des possibles pistes de modifications.
Une "concertation flash" du ministère de l'Enseignement supérieur étudie ces pistes. Trois groupes de travail se déroulent dans l'urgence, depuis mercredi et pour une "dizaine de jours", selon le ministère.
Des organisations étudiantes et des syndicats professionnels (Snes-FSU, CGT) ont boycotté ces travaux à cause de la présence du syndicat étudiant l'Uni, qualifiant cette organisation d'"antisémite" et de "fasciste".
L'Unsa a quitté la réunion dénonçant "un simulacre de concertation tant les revendications lycéennes y ont été caricaturées et tant le plan de solutions proposé ne laisse aucune marge".
Améliorer l'orientation
Les lycéens sont censés bénéficier chaque année de 54 heures d'orientation, soit 1h30 par semaine, qui ne sont pas réalisées dans les faits, pointait un rapport parlementaire en février.
"Les professeurs principaux ont une dizaine d'heures de vie de classe à faire, mais pas forcément inscrites dans l'emploi du temps (...) Cela relève du bénévolat", pointe Laetitia Aresu, secrétaire générale de la CFDT Education, qui souligne également que la réforme Blanquer en 2018 a "éclaté les classes", rendant plus difficile le suivi des élèves.
"Il est question d'introduire plus d'orientation dès la seconde", selon le président de cette concertation, Gilles Roussel.
Supprimer le lycée d'origine
Sur Parcoursup, les formations connaissent les lycées des candidats. La suppression de cette information est une revendication de longue date de lycéens, qui y voient une source d'inégalités.
"La difficulté, c'est que les établissements du supérieur n'ont quand même plus grand-chose pour évaluer" les élèves, a souligné un cadre de l'enseignement supérieur sous couvert d'anonymat. "Ce n'est pas majoritaire, mais il y a des formations qui regardent vraiment comment se positionne le lycée".
Cette possibilité "doit être mise sur la table" mais "comporte plus de complexités que ce que certains veulent parfois faire croire", selon M. Baptiste.
Modifier le contrôle continu
"Il y a une vraie question autour du contrôle continu", a pointé Gilles Roussel, également président du comité éthique et scientifique de Parcoursup, lequel recommande d'avoir des notes qui servent de référence, comme une banque d'épreuves ou des QCM normalisés.
Les épreuves du bac, similaires sur tout le territoire, en juin, n'entrent pas dans le dossier Parcoursup, les voeux étant formulés à partir de janvier pour une clôture au printemps.
Initialement positionnées en février-mars, les épreuves de spécialités du baccalauréat ont été repoussées par le gouvernement au mois de juin depuis la session 2024.
Publier les algorithmes locaux
La concertation étudie la façon de rendre plus transparent "les critères de classement des candidatures".
Un rapport parlementaire publié en février recommandait de publier les algorithmes propres à chaque formation ou chaque groupe de formations, ou encore d'indiquer comment sont hiérarchisés les critères de sélection.
Pour le président de l'université Paris-Dauphine, Bruno Bouchard, c'est "quelque chose qu'on pourrait faire collectivement". "A ce moment-là, il faudrait qu'on aille plus loin pour publier non seulement l’algorithme, mais peut-être le score du dernier retenu", estime-t-il.
Créer des places à l'université
"Il y a des tensions réelles, en particulier en Île-de-France (et) pour les élèves issus des baccalauréats professionnels et technologiques", a reconnu M. Baptiste, ouvrant la voie à la création de places, ce qui suppose du budget.
Les principales organisations étudiantes réclament la création de 250.000 places; les présidents d’universités 2.000.
Améliorer l'outil, changer le nom ou le calendrier ?
"L'outil peut toujours être amélioré : rendu plus ergonomique, plus simple, mieux adapté au parcours réel de l'utilisateur", a estimé le ministre. L'hypothèse d'un possible changement de nom de la plateforme a aussi circulé ainsi que la modification du calendrier.
La méthode
Le ministre a dit attendre des membres de la concertation "des propositions concrètes, hiérarchisées" et de préciser si elles sont réalisables pour 2027 ou à quelle échéance.
Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a promis de "premières décisions" lundi à l'attention des lycéens mobilisés depuis plusieurs semaines, y compris pour Parcoursup.
La carte des formations sera mise en ligne en décembre et l'inscription ouvrira en janvier.

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