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Comment le piratage de Binance révèle les failles de sécurité des cryptomonnaies
information fournie par Boursorama avec Media Services 30/10/2026 à 16:24

Fondée en 2017, Binance est devenue un acteur incontournable du marché mondial des actifs numériques. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / JUSTIN SULLIVAN )

Fondée en 2017, Binance est devenue un acteur incontournable du marché mondial des actifs numériques. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / JUSTIN SULLIVAN )

Le géant des cryptomonnaies a annoncé ce vendredi 30 octobre avoir été victime d'un piratage ayant affecté des actifs à hauteur de 6,3 milliards de dollars (soit 5,6 milliards d'euros).

Comment une telle somme a-t-elle pu être dérobée ? Que révèle cette attaque sur les failles dans de securité de cet écosystème ? Explications.

Une image ternie par les déboires judiciaires et réglementaires

Numéro un mondial en volume d'échanges de devises numériques, Binance revendique 335 millions d'utilisateurs. À titre de comparaison, le site Crypto.com comptabilisait 741 millions de propriétaires de cryptomonnaies dans le monde.

L'entreprise connaît cependant son lot de scandales. Son ancien patron Changpeng Zhao a été condamné en avril 2024 aux États-Unis pour violation de la législation antiblanchiment, avant d'être gracié l'an passé par Donald Trump.

D'autres procédures existent aux Etats-Unis, où l a plateforme a notamment été accusée d'avoir vendu l'équivalent de titres financiers non déclarés auprès du gendarme des marchés américains .

En France, Binance est soupçonnée d'avoir manqué à ses obligations de contrôle des fonds de ses clients.

Faute d'avoir obtenu un agrément au titre du règlement européen MiCA, le colosse de la crypto a annoncé cet été la suspension partielle de ses activités dans l'Union européenne.

La blockchain résiste-t-elle aux piratages ?

Les cryptomonnaies reposent sur une technologie appelée "blockchain", ou chaîne de blocs en français : un registre numérique qui conserve l'historique des transactions et dont la conception rend la falsification particulièrement difficile.

Cela ne met toutefois pas les fonds à l'abri des vols : leurs transferts sont autorisés au moyen de clés privées, de longues suites de caractères qui doivent rester secrètes.

Les portefeuilles numériques servent à gérer ces clés, et non à stocker les cryptomonnaies elles-mêmes, dont les mouvements sont inscrits sur la blockchain. Une personne qui obtient ces clés peut donc déplacer les fonds sans devoir truquer le registre.

"Même quand vous pensez être sur un échang e parmi les plus solides au monde, il peut se faire hacker", relève Stéphane Ifrah, analyste chez Coinhouse, interrogé par l' AFP .

Une clé privée peut-elle être compromise ?

Pour accéder aux clés privées ou aux systèmes autorisant les transferts, les pirates peuvent exploiter une faille informatique, utiliser un logiciel malveillant ou cibler les personnes, par hameçonnage ou sous la menace.

Certaines clés sont conservées sur des portefeuilles matériels non connectés à Internet. Mais ces dispositifs ne sont pas pour autant à l'abri des attaques : des fonds d'utilisateurs du spécialiste français Ledger ont ainsi été subtilisés au moyen d'implants malveillants glissés dans des appareils commercialisés par un revendeur.

Dans le cas de Binance, l'enquête s'est orientée vers "un ordinateur portable dont la sécurité a été affectée" , appartenant à un ingénieur, avant que plusieurs "points de brèche supplémentaires" soient mis à jour , a indiqué la plateforme sur X. Le déroulement exact de l'attaque reste à établir.

Des pirates nord-coréens soupçonnés

Sans confirmation officielle, les sociétés d'analyse TRM Labs, Chainalysis et Elliptic pointent vers des pirates liés à la Corée du Nord, le groupe TraderTraitor dit "Lazarus Group".

Le montant dérobé représente quatre fois celui que ce même groupe avait siphonné, d'après le FBI, sur la plateforme ByBit en février 2025, soit 1,5 milliard de dollars , à l'époque le vol le plus important en cryptomonnaies.

Selon Elliptic et Chainalysis, une partie des fonds volés de Binance rejoint des fonds issus du récent piratage de la plateforme Bitget, qui avait attribué cette attaque à Pyongyang .

"Il n’y a pas de risque zéro"

Binance indique qu'environ 3 milliards de dollars d'actifs, soit près de la moitié du montant affecté, ont été gelés avec l'aide d'émetteurs ou d'infrastructures partenaires . Ces opérations se poursuivent, mais le gel ne signifie pas que les fonds ont déjà été récupérés.

Les auteurs du vol pourraient par exemple payer des partenaires russes ou chinois avec les devises numériques volées, en leur laissant le soin de dissimuler l'origine illégale, estime Stéphane Ifrah.

Ils peuvent aussi recourir à des dispositifs d'anonymisation, comme les "mélangeurs" (ou "mixeurs") de cryptomonnaies, destinés à compliquer le traçage des sommes dérobées.

Binance affirme qu'elle couvrira les pertes liées au piratage. Mais "on voit bien qu'il n’y a pas de risque zéro" , souligne Stéphane Ifrah.

2 commentaires

  • 18:04

    Remimar encore bourré !! Les crypto sont tracés , pour preuve déjà 50% ont été bloqués et le reste suivra de plus il y a déjà des blocage contre le quantique. Et le quantique n’est pas prêt d’être à la portée des particuliers, actuellement le processeur et aussi gros qu’un SUV !!!! Et coûte des centaines de de millions. Même l’ancienne économie fonctionne en blockchain . Avant de poster on apprend


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