Image tirée d'une vidéo de l'AFP montrant une voiture de gendarmerie garée dans une rue de Fère-en-Tardenois où une collégienne de 14 ans a été tuée à l'arme blanche, le 6 mai 2026 dans l'Aisne ( AFP / Noorullah SHIRZADA )
L'homme de 23 ans soupçonné d'avoir tué à coups de couteau Chloé, une collégienne de 14 ans mercredi dans l'Aisne, a été mis en examen vendredi pour assassinat et viols, et placé en détention provisoire, a annoncé le procureur de Laon.
Le suspect a été mis en examen pour "homicide volontaire avec préméditation" - c'est-à-dire pour assassinat - sur une mineure de moins de 15 ans, et pour des faits de viols commis sur une mineure par un majeur ayant plus de cinq ans d'écart, selon un communiqué du procureur Jean-Baptiste Miot.
Les faits de viol correspondent "aux relations sexuelles entretenues entre le mis en examen et la jeune Chloé durant la période où ils se fréquentaient", ces rapports étant légalement considérés comme non consentis, a précisé ultérieurement M. Miot.
Lors de ses deux derniers interrogatoires de garde à vue ainsi que devant le magistrat instructeur, le mis en cause a "fait usage de son droit au silence", a relevé M. Miot.
Cependant, il avait précédemment reconnu sa présence au moment des faits et admis avoir attaqué la victime au couteau, tout en niant "l'intention homicide", avait indiqué jeudi le parquet de Soissons, qui s'est dessaisi entretemps au profit du pôle criminel du parquet de Laon.
Le jeune homme avait aussi déclaré en garde à vue "avoir eu une relation amoureuse avec la jeune fille, récemment terminée", selon le parquet de Soissons.
- Un bourg bouleversé -
Chloé, une élève de troisième à Fère-en-Tardenois, bourg de l'Aisne où elle vivait également, était en train de se rendre à pied à son collège mercredi matin lorsqu'elle a été mortellement agressée à l'arme blanche. Son corps présentait plusieurs plaies au niveau du cou.
D'importantes opérations de recherches avaient été lancées pour retrouver le suspect, en fuite. Il avait été finalement interpellé mercredi en fin d'après-midi à Soissons, à environ 25 km de Fère-en-Tardenois.
Sans profession, il vivait chez ses parents et était déjà connu des services de police et de justice pour port d'arme illégal en 2023.
Le mis en cause encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour les faits d'assassinat qui lui sont reprochés, et 20 ans de prison pour les faits de viols, selon le procureur.
Son avocat, Me Arnaud Miel, n'était pas joignable dans l'immédiat vendredi.
Jeudi, Me Miel s'était borné à déclarer à l'AFP que son client contestait les faits d'assassinat, insistant sur la présomption d'innocence et refusant d'en dire davantage sur son profil.
Ce crime a bouleversé Fère-en-Tardenois, petite ville de 2.800 habitants.
L'assemblée présente vendredi à la commémoration du 8 mai dans la commune a observé "un moment de recueillement en hommage à Chloé" en ouverture de la cérémonie, a souligné la mairie sur sa page Facebook.
Des bougies et des dizaines de bouquets de fleurs avaient aussi été déposés dès jeudi devant le collège de Chloé, où des cellules d'écoute et d'urgence médico-psychologique ont été mises en place.
Cent-sept femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).

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