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Colère sociale : malgré une mobilisation en baisse, des dizaines de milliers de manifestants "toujours là"
information fournie par AFP 07/11/2026 à 21:33

Manifestation à Bordeaux, le 7 novembre 2026 dans le cadre d'une journée de mobilisation nationale ( AFP / Philippe LOPEZ )

Manifestation à Bordeaux, le 7 novembre 2026 dans le cadre d'une journée de mobilisation nationale ( AFP / Philippe LOPEZ )

"On est toujours là": malgré une mobilisation en baisse, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues samedi, globalement dans le calme, "pour la jeunesse et contre la vie chère", afin de "maintenir la pression" avant des rendez-vous lundi avec le gouvernement.

C'était le quatrième samedi de mobilisation consécutif et la deuxième journée de cortèges de la semaine, après des manifestations de grande ampleur jeudi à l'appel des syndicats.

"On sait qu'on va payer nos absences", devoir "récupérer les cours, et pourtant on est toujours là" pour soutenir "lycéens, étudiants, salariés et gilets jaunes", a expliqué Théo Jamin, un professeur d'université de 31 ans, présent dans le cortège parisien. Il est venu réclamer "plus d'argent dans les universités et les lycées" notamment.

Au total, quelque 146.000 personnes ont manifesté en France ce samedi, selon les autorités qui ont fait état de 360 interpellations.

A Paris, ils étaient 46.000 - essentiellement des lycéens, étudiants et trentenaires - à défiler dans le calme entre les places de la République et de la Nation (contre 65.000 jeudi) à l'appel de l'intersyndicale de la jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef, USL) et de syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT). Des heurts ont éclaté en fin de cortège avant la dispersion totale en début de soirée.

L'intersyndicale de la jeunesse a elle évalué la mobilisation à 75.000 personnes à Paris et 250.000 dans toute la France, contre 200.000 à Paris et 500.000 dans tout le pays une semaine plus tôt.

"Maintenir la pression"

Des gilets jaunes sur la place de la Concorde à Paris, le 7 novembre 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Des gilets jaunes sur la place de la Concorde à Paris, le 7 novembre 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

"Ce n'est pas parce que les négociations doivent débuter" lundi à Matignon autour du Premier ministre Sébastien Lecornu "que la mobilisation doit se terminer", a jugé Vincent Gautheron, secrétaire général de l'Union régionale CGT.

"Aujourd'hui, c'est une date qui permet de maintenir la pression", a renchéri Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante.

Les défilés se sont déroulés dans une ambiance plutôt calme, parfois festive, aux cris de "Siamo tutti antifascisti" ou encore "A bas le capitalisme et le patriarcat".

Quelques heurts avec les forces de l'ordre ont toutefois éclaté, notamment lorsque les défilés étaient non déclarés ou interdits, comme à Lyon.

Interdit lui aussi, le rassemblement de la coordination des gilets jaunes place de la Concorde à Paris, a fait long feu. Plusieurs dizaines de personnes ont rapidement été verbalisées (135 euros d'amende) et deux organisateurs interpellés.

À Lyon, les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser "plusieurs centaines de personnes occupant la voie publique", dans un périmètre du centre-ville interdit de rassemblement, selon la préfecture.

"Encore vivant"

Des manifestants se lavent les yeux au sérum physiologique après avoir été exposés à des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation contre la vie chère à Paris, le 7 novembre 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Des manifestants se lavent les yeux au sérum physiologique après avoir été exposés à des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation contre la vie chère à Paris, le 7 novembre 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Dans les cortèges, beaucoup de griefs se faisaient entendre contre la répression policière, selon les témoignages recueillis par l'AFP.

"Je suis ici pour dénoncer les violences policières et le manque de réponses à nos revendications", a expliqué Emna, 16 ans, présente dans le cortège parisien.

À Toulouse, où le cortège non déclaré en préfecture a rassemblé jusqu'à 5.000 personnes, Benjamin, brancardier de 22 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, comme la plupart des autres manifestants, s'est demandé "toute la semaine" : "Est-ce que samedi je serai encore vivant ?".

"On ne sait pas ce qui va se passer. On peut être incarcéré", a dit le jeune homme, veste One Piece sur le dos, devenu symbole des mobilisations de la génération Z dans le monde entier.

Des gendarmes interpellent un manifestant durant des heurts lors d'une manifestation contre la vie chère à Lille, le 7 novembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Des gendarmes interpellent un manifestant durant des heurts lors d'une manifestation contre la vie chère à Lille, le 7 novembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

À Marseille (5.200 manifestants selon les autorités), Christophe, dessinateur industriel de 43 ans, a lui aussi évoqué sa colère face aux méthodes de la police, tout comme son inquiétude face à la précarité économique: "Il y a des gens qui galèrent beaucoup, (...) qui doivent sauter des repas ou qui n'arrivent plus à faire un plein" pour aller au travail, a-t-il déploré.

À Lille (10.000 manifestants selon la préfecture), Florence, 61 ans, est venue pour ses "enfants et petits-enfants", qui ont "peur de l'avenir".

Selon les autorités, les manifestants étaient notamment 9.100 à Bordeaux, 6.500 à Montpellier, 6.000 à Grenoble, 5.500 à Rennes, 4.000 (malgré l'interdiction) à Besançon, 3.300 à Lyon.

Un manifestant lève le poing face aux véhicules Centaure de la gendarmerie à Lille, le 7 novembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Un manifestant lève le poing face aux véhicules Centaure de la gendarmerie à Lille, le 7 novembre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Ces nouvelles mobilisations visaient à garder de l'élan deux jours avant une conférence sociale avec les syndicats et le patronat, convoquée lundi matin à Matignon, et des rencontres avec les organisations lycéennes et étudiantes l’après-midi.

La suite du mouvement dépendra en grande partie des réponses qu'apportera le gouvernement lundi lors de ces rendez-vous.

Une intersyndicale de l'éducation, rassemblant des syndicats de lycéens, d'étudiants, d'enseignants et et de personnels, a déjà appelé à une journée de grève et manifestation mardi.

3 commentaires

  • 07 novembre 22:19

    Seuls les casseurs et les violents sont arrêtés par les policiers. Les manifestants pacifiques n'ont donc rien à craindre de ce côté là.

    L'AFP doit arrêter de colporter des mensonges sur les forces de sécurité.


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