La mesure devrait permettre de dégager un milliard d'euros.
Roland Lescure à Paris, le 24 août 2026. ( AFP / LOU BENOIST )
La taxation de l'épargne salariale "fait partie des pistes" que le gouvernement étudie pour le budget 2027 de la Sécurité sociale, a confirmé lundi 7 septembre le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure.
Selon le quotidien économique Les Échos , le gouvernement envisage de soumettre à cotisations une partie des primes d'intéressement, participation ou abondements des employeurs aux plans d'épargne supérieurs à 30.000 euros. Cette mesure pourrait rapporter un milliard d'euros à la Sécu. Le projet du gouvernement souligne que ces compléments de revenus sont souvent utilisés par les entreprises au détriment des hausses de salaires de base, selon Les Échos . Toujours selon ce document consulté par le quotidien économique, ce sont les salariés les mieux rémunérés des plus grandes entreprises qui bénéficient le plus de ces dispositifs.
"Ça fait partie des pistes qu'on regarde, comme d'autres" , a déclaré le ministre, interrogé sur RTL . Le gouvernement est en train de préparer le projet de budget 2027, qui devrait se heurter à une forte opposition au Parlement, à quelques mois de l'élection présidentielle.
Roland Lescure a précisé que les économies à réaliser seront trouvées notamment "dans les dépenses de fonctionnement de l'État, des collectivités locales, des administrations de sécurité sociale, tous les agents publics. (...) Le Premier ministre l'a dit, il ne souhaite pas de nouvel impôt, de hausses d'impôts supplémentaires" .
Appel à la responsabilité
Sur la question de la contribution des retraités , il a également estimé, sans dévoiler de direction définitive, que la désindexation de l'inflation des pensions de retraite les plus élevées, tout comme la suppression de l'abattement fiscal de 10%, avaient "l'un et l'autre du sens". "Aujourd'hui, vous savez qu'en moyenne, les retraites sont plus élevées que les rémunérations du travail en France. C'est le modèle social, je dirais, à son meilleur, mais qui coûte beaucoup d'argent. Donc la question est de savoir si on augmente moins les retraites que ce que l'inflation prévoirait ", a-t-il commenté.
Le ministre a de nouveau alerté sur le fait que "si on ne fait rien, on va dans le mur", et a appelé "à la responsabilité" les partis d'opposition, qui menacent de censurer le budget.
"C'est facile aujourd'hui de dire 'franchement, ce budget, il me plaît pas, je le censure'. C'est plus compliqué de dire 'ce budget, puisque je veux présider la France, je vais peut-être en hériter. Je serai capable de le corriger', parce qu'on sait bien qu'un président qui arrive avec un nouveau gouvernement peut corriger le budget adopté", a-t-il déclaré.
"L'alternative (...) c'est qu'on n'ait pas de budget. Et si on n'a pas de budget, là le mur, on le frappera et on le frappera fort ", a encore mis en garde le ministre, avec alors "des taux d'intérêt qui montent de manière très forte" pour les particuliers.
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