( AFP / ERIC PIERMONT )
La banque publique d'investissement Bpifrance commence à lever des capitaux pour son nouveau fonds non coté Blue Sea, auprès d'investisseurs du monde entier, a indiqué jeudi son directeur exécutif chargé du capital développement.
Au cours de cette réunion de presse, José Gonzalo a distingué les spécificités de Bpifrance, accusée dans un rapport de la députée LFI Aurélie Trouvé sur les fonds d'investissement d'être "principalement guidée par la performance financière au détriment de sa mission d'intérêt général".
Alors que le fonds Lac1, d'investissement dans les multinationales françaises cotées, arrive à échéance, avec quelque 5 milliards d'euros investis, Bpifrance lance Blue Sea après avoir identifié "une faille de marché" en France, dans laquelle s'engouffrent les fonds américains, sur les investissements à plusieurs centaines de millions d'euros dans le non-coté.
Bpifrance souhaite lever quatre milliards d'euros, "idéalement cinq", selon M. Gonzalo, en apportant "entre 20 et 25% de la totalité du fonds".
Des investisseurs du Moyen-Orient sont intéressés, mais "on veut aussi des acteurs nord-américains", a-t-il dit, outre "des acteurs européens, évidemment français", et asiatiques.
Il s'apprête à partir au Japon et en Corée du sud avec le directeur général Nicolas Dufourcq à cet effet.
Citant la start-up française d'intelligence artificielle Mistral, il a remarqué que pour suivre son expansion, "il va falloir mettre des gros montants et ce fonds sert aussi" à cela.
Bpifrance détient actuellement environ 700 participations, avec 30 milliards d'euros d'actifs sous gestion. En 2025 elle a réalisé 2,5 milliards d'euros d'investissement, et 3,2 milliards de cessions.
Elle siège à la totalité des conseils d'administration des sociétés dans lesquelles elle investit.
Évoquant le rapport parlementaire, M. Gonzalo a remarqué que pour la banque publique, "+profit+ n'est pas un mot tabou, car si vous n'en faites pas, ça veut dire que vous perdez l'argent que vous ont confié les Français".
Mais, a-t-il souligné, à côté de "dossiers plus classiques", "on met des tickets dans des technologies qui ne sont pas rentables, pour les aider à croître, on fait des deals avec des coopératives, on aide des PME à ouvrir leur capital pour la première fois, notre fonds Blue Spring investit dans des petites sociétés cotées en déshérence pour leur redonner de l'énergie".
"Ce sont pas les fonds spéculatifs qui feraient ça", a-t-il conclu.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer