Le nouveau maire du Blanc-Mesnil, Demba Traoré, s'exprime après son élection, le 29 mars 2026 au Blanc-Mesnil ( AFP / Blanca CRUZ )
Des applaudissements et une Marseillaise reprise en chœur ont accompagné dimanche l'élection en conseil municipal du maire du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) Demba Traoré (DVG), une scène contrastant avec les huées essuyées par son adversaire de droite Thierry Meignen il y a une semaine.
"Le potentiel du Blanc-Mesnil est immense. Nous pouvons pleinement devenir un moteur dans notre département. À nous maintenant d'être à la hauteur", a déclaré Demba Traoré, 40 ans, alors que dans la salle ses nombreux supporters entamaient la Marseillaise, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Ancien cadre dans la banque et ex-entraîneur de l'équipe de football de la ville, Demba Traoré, qui a grandi dans le quartier populaire Saint-Just, avait obtenu entre les deux tours le soutien de la liste d'union de la gauche du communiste Didier Mignot et celle du centriste Mohamed Chérif.
Après une campagne tendue, il l'a emporté face au sénateur LR Thierry Meignen (51,49% contre 48,51% des voix), mettant fin à douze années de gestion municipale par la droite.
Défait, l’ancien maire (2014-2021) avait quitté la mairie sous les huées, escorté par la police municipale, après avoir dénoncé des irrégularités et annoncé un recours en annulation du scrutin. Après cet épisode, Demba Traoré a appelé au calme et au rassemblement: "Je serai le maire pour l'ensemble des Blancs-Mesnilois (...). Notre projet n'est pas d'opposer ni de casser ce qui fonctionne. Notre ambition est de faire progresser toute la ville".
Des personnes applaudissent après l'élection du nouveau maire du Blanc-Mesnil, Demba Traoré, le 29 mars 2026 au Blanc-Mesnil, près de Paris ( AFP / Blanca CRUZ )
"On est très contentes! On est très fières aussi de nos enfants", confie Kadji Gueye, 62 ans, d'origine sénégalaise comme le nouveau maire.
"On est de l'immigration, on pensait en arrivant ici qu'on ne pourrait faire que des ménages ou travailler dans le bâtiment. Mais nos enfants, ils ont étudié, ils y sont arrivés! La prochaine fois c'est l’Élysée!", poursuit-elle dans un sourire.
La ville du Blanc-Mesnil, 62.000 habitants, à mi-chemin entre l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et le Stade de France, a été dirigée par des élus communistes pendant plus de 80 ans avant de passer aux mains de Thierry Meignen en 2014.
Ce dernier est visé par une plainte de la journaliste Nassira El Moaddem pour menaces de mort après ses révélations sur des pratiques jugées douteuses, notamment dans l'attribution de marchés publics, la mise à l'écart de l'ancienne équipe municipale ou encore des rapprochements avec l'extrême droite. Il fait l'objet d'une saisine du comité de déontologie du Sénat, demandée par son président Gérard Larcher (LR).

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