L'ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, emprisonnée depuis le coup d'Etat militaire qui a renversé en 2021 son gouvernement démocratiquement élu, va purger le reste de sa peine assignée à résidence, ont annoncé jeudi les médias contrôlés par la junte au pouvoir.
La lauréate du prix Nobel de la paix, âgée de 80 ans, a été condamnée à 33 ans de prison au total pour des chefs d'accusation allant de la corruption à la fraude électorale et à la violation de secrets d'Etat. Ses alliés dénoncent des procès politiques visant à la mettre sur la touche.
Sa peine a été commuée ensuite à 27 années, puis réduite d'un sixième à deux reprises, à la mi-avril et ce jeudi, dans le cadre de lois d'amnistie.
"Le reste de la peine a été commué en assignation à résidence", a déclaré la télévision publique MRTV.
Dans un communiqué, Kim Aris, fils de l'ancienne présidente, a déclaré qu'il restait préoccupé par l'état de santé de sa mère.
"Je ne sais toujours pas où elle est. Je ne sais pas comment elle va. Je reste profondément inquiet sur le fait de savoir si elle est toujours en vie", a-t-il dit, demandant une "preuve de vie", alors que les médias officiels ont diffusé la première image publique d'Aung San Suu Kyi depuis des années, une photographie de l'ex-dirigeante assise sur un banc en bois, flanquée de deux personnes en uniforme.
La fille du général Aung San, ancien héros de l'indépendance birmane, avait déjà été assignée à résidence pendant quinze ans sous de précédents régimes militaires.
L'actuel chef de la junte devenu président, Min Aung Hlaing, subit une forte pression internationale pour libérer les détenus politiques, notamment de la part de l'Asean, le bloc des nations d'Asie du Sud-Est, avec lequel il cherche à renouer le dialogue.
(Bureaux de Reuters; Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

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