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Bassi Konaté, "premier maire de couleur" de Sarcelles, sa ville-monde
information fournie par AFP 28/03/2026 à 17:52

Bassi Konaté, candidat (sans étiquette) à la mairie de Sarcelles, fait campagne avant le 2e tour des municipales, le 20 mars 2026 dans le Val-d'Oise ( AFP / Bertrand GUAY )

Bassi Konaté, candidat (sans étiquette) à la mairie de Sarcelles, fait campagne avant le 2e tour des municipales, le 20 mars 2026 dans le Val-d'Oise ( AFP / Bertrand GUAY )

Il a remercié Sarcelles d'avoir fait de lui son "premier maire de couleur". A 38 ans, Bassi Konaté s'apprête à administrer, dès dimanche, l'une des communes les plus cosmopolites de banlieue parisienne, où il n'a cessé de vanter le bonheur du brassage.

A 17 ans, il siégeait déjà au conseil municipal des jeunes, dans sa ville du Val-d'Oise de plus de 58.000 habitants.

A 38 ans, il en a ravi la mairie aux socialistes.

Elu "sans étiquette", mais soutenu par la France insoumise et les Ecologistes, il se sait à présent attendu au tournant médiatique, comme d'autres nouveaux maires issus de l'immigration.

Le 22 mars, acclamé par son seul prénom, le nouvel élu en costume-cravate soulignait, ému, qu'en 2020, Sarcelles avait choisi "un maire français, de confession juive", en référence au sortant Patrick Haddad (PS), et aujourd'hui, son "premier maire de couleur".

"Malgré tout ce qui se passe dans le monde, le fait qu'on essaie d'opposer les uns aux autres, Sarcelles a démontré qu'en fait, peu importe la couleur, la religion, les habitants choisissent une personne, on est Français avant tout", explicite quelques jours plus tard auprès de l'AFP ce "Sarcellois pur" qui avoue ne pas bien connaître le Mali natal de ses parents.

"Rassurez-vous, je serai le maire de tous, dans cette ville cosmopolite", ajoute cet homme de confession musulmane, soulignant ne s'être rendu "dans aucun lieu de culte" pendant sa campagne.

- "On se reconnaît en lui" -

"Il est à l'aise avec tout le monde", "travailleur", "respectueux", "rassembleur": des retraitées sortant d'un atelier couture au centre social qu'il a géré, ne lui attribuent que des qualificatifs de gendre idéal.

Surtout, de tout jeunes électeurs assurent qu'ils n'auraient pas voté sans sa candidature.

Bassi Konaté, candidat (sans étiquette) à la mairie de Sarcelles, le 20 mars 2026 à Sarcelles, dans le Val-d'Oise ( AFP / Bertrand GUAY )

Bassi Konaté, candidat (sans étiquette) à la mairie de Sarcelles, le 20 mars 2026 à Sarcelles, dans le Val-d'Oise ( AFP / Bertrand GUAY )

Quand il a fait son "Sarcelles tour" des quartiers, filmé et diffusé en clips sur les réseaux, "on aurait dit qu'il était dans nos têtes, dans nos vies. Ca a été un jeune comme moi!", s'étonne encore Charles-André Tré, 18 ans, né à Sarcelles de parents ivoiriens, face aux barres carrelées des Vignes blanches.

Caissier après un bac logistique, il est sensible aux promesses de "Bassi" envers les jeunes: chercher des opportunités d'emplois dans le bassin de l'aéroport de Roissy ou créer une "brigade de lutte contre les rixes"...

Un bonnet sur ses "locks", Monica Vannier, 18 ans, du quartier des Flanades, fait rire ses amies en disant: "je l'ai voté parce qu'il est noir et qu'on se reconnaît en lui, c'est rare. La jeunesse (de Sarcelles), on est presque tous des Noirs et des Arabes, faut pas se mentir, on veut des élus qui nous ressemblent et comprennent ce qu'on vit".

Tout comme le nouveau maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Bally Bagayoko, Bassi Konaté a mentionné en campagne ses bons souvenirs d'enfance en HLM, dans sa famille nombreuse d'origine malienne.

De père ouvrier, il a été élevé avec 13 frères et soeurs. "Dans le bâtiment où j'ai grandi, en dessous de chez moi, il y avait un ami de confession juive, un Srilankais à droite, un Sénégalais à gauche", a-t-il énuméré, sur la chaîne Youtube Oui Hustle.

Bassi Konaté, candidat (sans étiquette) à la mairie de Sarcelles, fait campagne sur un marché de la ville, avant le 2e tour des municipales, le 20 mars 2026 dans le Val-d'Oise ( AFP / Bertrand GUAY )

Bassi Konaté, candidat (sans étiquette) à la mairie de Sarcelles, fait campagne sur un marché de la ville, avant le 2e tour des municipales, le 20 mars 2026 dans le Val-d'Oise ( AFP / Bertrand GUAY )

Licencié en intervention sociale, il a successivement travaillé dans sa ville comme facteur, éducateur sportif, puis dirigeant de centre social.

Le président de la communauté juive de Sarcelles, Moïse Kahloun, 58 ans, assure à l'AFP: "A priori il ne nous inquiète pas du tout", en parlant de lui comme d'"un garçon à l'écoute, gentil, intelligent".

"Il y a quand même une communauté juive importante à Sarcelles et il est assez intelligent pour comprendre qu'il ne peut pas l'esquiver", ajoute-t-il, souhaitant qu'il lève quelques ambiguïtés, après avoir "été soutenu par des personnes un petit peu tendancieuses par rapport à la communauté" juive, en allusion au leader de LFI Jean-Luc Mélenchon.

"M. Mélenchon je ne le connais pas, je n'appartiens à aucun parti", répond indirectement le nouveau maire.

Il préfère rappeler que, dans le quartier de la petite Jérusalem, sa mère s'est longtemps occupée d'une personne âgée, au sein d'une famille de confession juive "très sympa".

Rejetant "le clientélisme communautaire", il conclut: "je respecte les cultes, les cultures, mais les valeurs de la République passeront avant".

1 commentaire

  • 19:05

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