Marine Tondelier, patronne des Ecologistes, le 11 mars 2026 à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )
La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a renvoyé "la balle dans le camp des socialistes" pour décider du sort de la primaire de la gauche pour la présidentielle, enterrée par certains au PS mais encore défendue samedi par le N.1 Olivier Faure qui s'est toutefois dit ouvert à une alternative.
"On ne pourra pas gagner seul, ni nous, ni eux. Et j'aimerais bien qu'ils l'entendent parce que je vois bien leurs règlements de comptes, là, en ce moment", a pesté Marine Tondelier sur France Inter.
L'ambiance au Parti socialiste s'est effectivement tendue cette semaine, au lendemain d'élections municipales marquées par des dissensions sur la pertinence d'alliances locales avec La France insoumise. Dans ce contexte, le premier secrétaire Olivier Faure, qui défend l'organisation le 11 octobre d'une primaire de la gauche non-mélenchoniste, a été mis en minorité par une partie des cadres socialistes qui estiment que ce processus, en l'absence de personnalités comme Raphaël Glucksmann, ne permettra pas la victoire en 2027.
Cette remise en question a été l'objet d'un appel vendredi soir entre Mme Tondelier et M. Faure, a-t-elle indiqué.
"On a pris cette décision d'intérêt général de porter la primaire avec d'autres. Maintenant, la balle, elle est dans le camp des socialistes", a-t-elle lancé samedi.
Quant aux détracteurs de la primaire, dans laquelle sont déjà impliqués Mme Tondelier et les députés Clémentine Autain (L'Après) et François Ruffin (Debout!), "on n'a d'ailleurs pas bien compris le début de commencement d'une solution pour gagner derrière", a déploré la patronne des Ecologistes, mettant en garde contre le "spectacle affligeant" à venir.
"Parce que s'ils arrivent à faire leur pu-putsch contre Olivier Faure, après il se passe quoi? Ils se battent ensemble trois mois pour savoir qui prend la place. Ils mettent qui comme candidat? C'est Glucksmann. Tous ceux qui soutiennent Glucksmann au PS sont en fait candidats eux-mêmes", a-t-elle grincé, en allusion à François Hollande notamment.
Fustigeant les "déclarations péremptoires" du chef des députés PS Boris Vallaud ou de Raphaël Glucksmann qui s'arrogeraient, selon elle, "le monopole des valeurs", Mme Tondelier a indiqué qu'elle publierait "vendredi prochain un manifeste qui s'appelle +Ce que nous vous devons+, une sorte de manuel de défense de la primaire"
De son côté, Olivier Faure a renouvelé samedi son soutien à "l’idée d’une primaire démocratique", pour laquelle les militants socialistes doivent être consultés.
"Mais je reste ouvert à toutes les solutions qui me seraient présentées", a-t-il ajouté dans un entretien à Ouest-France.
"Pour l’instant c’est le vide. C’est trop facile de critiquer la primaire sans dire ce qu’on lui substitue", a-t-il déploré.
Le patron du PS a dit vouloir réunir "autour d'une table" "toutes celles et ceux qui partagent l’objectif d’un candidat commun à l’élection présidentielle". "J’engagerai dès les prochains jours le dialogue avec toutes les composantes de la gauche et de l’écologie" sur "les moyens d'y parvenir", a-t-il fait valoir, sans toutefois dessiner les contours d'une alternative à la primaire.
"Tous peuvent contribuer à la solution, ce qui est préférable au fait d’être une part du problème", a insisté M. Faure.
"Nous pouvons gagner en 2027 à condition de ne pas être idiots. Rien n’est malheureusement garanti de ce point de vue", a-t-il encore souligné auprès de Ouest-France.

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