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Aux Etats-Unis, la diaspora iranienne profondément divisée sur la guerre
information fournie par AFP 18/09/2026 à 08:30
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Soroush, un Irano-Américain vivant dans la région de Washington, le 1er septembre 2026 dans la capitale américaine ( AFP / Amid FARAHI )

Soroush, un Irano-Américain vivant dans la région de Washington, le 1er septembre 2026 dans la capitale américaine ( AFP / Amid FARAHI )

Lorsque la guerre en Iran a débuté il y a sept mois, Soroush, un Irano-Américain vivant dans la région de la capitale américaine Washington, a rapidement perdu plusieurs amis.

Artiste 3D et animateur, il est arrivé aux Etats-Unis il y a environ dix ans. Depuis le début de la guerre le 28 février, il se souvient d'altercations avec des amis, et même son frère et sa belle-soeur à propos du conflit.

Lui affirme détester les dirigeants iraniens, mais estime que "rien n'ira mieux" grâce à la guerre.

"Des gens (en Iran) vont perdre des amis, des membres de leurs familles. Ils vont perdre leurs emplois et leurs économies", affirme-t-il à ceux qui soutiennent le conflit, prenant en exemple les précédentes guerres menées par les Etats-Unis au Moyen-Orient.

"Ce sont eux qui vivent cette réalité, pas la diaspora iranienne", ajoute-t-il à l'AFP, ne voulant pas dévoiler son nom de famille.

La communauté iranienne aux Etats-Unis est très largement contre le pouvoir iranien, dont le guide suprême Ali Khamenei a été tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, remplacé par son fils Mojtaba Khamenei.

Mais la question de savoir si cette guerre mettra fin au pouvoir en place depuis 47 ans divise profondément ses 750.000 membres.

"Les relations familiales ont été mises à mal, voire rompues. (...) Même des amitiés de longue date ont pris fin à cause de cela", explique Sahar Razavi, directrice du centre d'études iraniennes et du Moyen-Orient à l'université d'Etat de Californie, à Sacramento.

"Bonne voie"

Mohammad Reza Mousavi à Washington, le 6 septembre 2026 ( AFP / Amid FARAHI )

Mohammad Reza Mousavi à Washington, le 6 septembre 2026 ( AFP / Amid FARAHI )

Attablées dans un café du centre-ville de Washington, Bahar, qui n'a pas voulu donner son nom de famille, et Aahoo Sigarchi soutiennent elles la guerre lancée par le président américain.

"Nous avons tous de la famille et des amis en Iran et nous ne faisons qu'exprimer ce qu'eux ne peuvent pas dire", affirme Aahoo Sigarchi, qui soutient Reza Pahlavi, fils en exil du dernier chah d'Iran, qui avait appelé à un soulèvement de la population avant de rallier à sa cause une partie de la diaspora.

Selon elle, la répression des manifestations par le pouvoir en janvier 2026 justifiait une action militaire pour renverser les dirigeants.

"Je pense que nous sommes sur la bonne voie avec cette guerre, et je crois que nous obtiendrons bientôt ce que les gens recherchent", ajoute-t-elle. Elle balaye toutefois les questions concernant les critiques de l'opération militaire menée par les Etats-Unis, affirmant qu'elle n'aurait pas permis de renverser les autorités.

"Soyons réalistes, nous n'avons pas d'autre solution", dit-elle.

Aux Etats-Unis, la guerre reste largement impopulaire, du fait notamment des prix à la pompe.

Selon un sondage réalisé par le National Iranian American Council, une organisation opposée à la guerre, le soutien au conflit s'érode rapidement au sein de la diaspora.

Au début de la guerre, elle était divisée presque équitablement, puis un second sondage mené un mois plus tard a montré que 66,1% des personnes interrogées se disaient opposées à la guerre.

"Lutte pour la libération"

Des membres de la communauté iranienne lors d'un karaoké à l'Arya Center en Virginie, le 6 septembre 2026 ( AFP / Amid FARAHI )

Des membres de la communauté iranienne lors d'un karaoké à l'Arya Center en Virginie, le 6 septembre 2026 ( AFP / Amid FARAHI )

Selon Sahar Razavi, les opposants à la guerre et sceptiques quant au changement de pouvoir impulsé par une opération extérieure ont été confortés dans leur opinion, tandis que nombre de partisans "se sont encore davantage retranchés sur leurs positions".

Une minorité non négligeable a également changé de position pour se rallier au pouvoir iranien, ajoute-t-elle.

Mohammad Reza Mousavi, ancien journaliste à Téhéran, opposé à la fois à la guerre et au pouvoir, dit percevoir un essoufflement du soutien au conflit. Et déplore le manque de tolérance de la part de ceux qui l'ont défendu.

"Ils peuvent très facilement vous coller toutes sortes d'étiquettes dès qu'ils se rendent compte que vous ne partagez pas entièrement leurs opinions", affirme-t-il.

D'après Sahar Razavi, des organisations iraniennes qui organisaient notamment des cours de farsi étaient "traînées dans la boue", pour ne pas avoir affiché leur soutien à la "lutte pour la libération".

Bahar a de son côté assuré qu'elle avait été traitée de fasciste pour avoir voté pour Donald Trump, et a perdu 100 abonnés sur Instagram. Elle a par ailleurs retiré son fils de huit ans d'une école enseignant l'art iranien après qu'un professeur a évoqué plusieurs fois le conflit.

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