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Attention "mines" ? L'Iran impose des routes maritimes alternatives pour franchir le détroit d'Ormuz
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/04/2026 à 10:31

L'activité maritime dans le passage stratégique, clé du golfe Persique, est toujours largement paralysée par les incertitudes autour d'un "cessez-le-feu" plus que précaire et partiel. Le régime iranien, lui, impose ses conditions, évoquant la menace d'un minage des eaux.

Des tankers dans le détroit d'Ormuz, fin février 2026 (illustration) ( AFP / GIUSEPPE CACACE )

Des tankers dans le détroit d'Ormuz, fin février 2026 (illustration) ( AFP / GIUSEPPE CACACE )

Ouvert? Fermé? Risqué? Malgré les annonces évoquant une réouverture du trafic, le flou demeure sur les conditions réelles de navigation à travers le détroit d'Ormuz. La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a ainsi annoncé jeudi 9 avril que les navires passant le détroit d'Ormuz devaient emprunter deux routes alternatives, proches des côtes iraniennes, invoquant la possibilité de "mines" sur l'itinéraire habituel plus au large.

"De manière à être protégés de possibles collisions avec des mines, en coordination avec la marine des Gardiens de la Révolution (....), jusqu'à nouvel ordre, (les navires) devront prendre des routes alternatives pour le trafic dans le détroit d'Ormuz ", ont indiqué des médias iraniens citant un communiqué militaire accompagné d'une carte maritime montrant les itinéraires au sud et nord de l'île de Larak.

"Péage de Téhéran"

Pour entrer dans le Golfe depuis la mer d'Oman, les navires doivent passer entre la côte iranienne et Larak, surnommée le "péage de Téhéran" par la revue maritime de référence Lloyd's List. L'itinéraire de sortie du Golfe passe au sud de cette île, et évite le trajet normal plus proche des côtes d'Oman . Les traversées récentes semblent avoir emprunté cet itinéraire alternatif dans les eaux territoriales iraniennes.

Selon les observations du site spécialisé Marine Traffic, quelques rares navires ont croisé le long des côtes iraniennes, loin de la section omanaise pourtant réputée plus profonde et plus sûre. A la différence d'autres détroits comme ceux du Bosphore et des Dardanelles, qui jouissent de statuts fixés par des conventions spécifiques, le régime juridique du détroit d'Ormuz est avant tout régi par le droit coutumier. L'Iran n'est en effet pas signataire de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDH), qui met en place un cadre réglementaire sur les mers territoriales.

Image satellite du détroit d'Ormuz dans le Golfe, montrant les trois îles disputées de Petite Tumb, Grande Tumb et Abou Moussa, occupées par l'Iran mais revendiquées par les Émirats arabes unis ( AFP / Omar KAMAL )

Image satellite du détroit d'Ormuz dans le Golfe, montrant les trois îles disputées de Petite Tumb, Grande Tumb et Abou Moussa, occupées par l'Iran mais revendiquées par les Émirats arabes unis ( AFP / Omar KAMAL )

Le chef de la diplomatie française s'est lui élevé contre l'idée d'un mécanisme de péage dans le détroit d'Ormuz, qui serait "inacceptable". "Non, ce n'est pas acceptable parce que la liberté de navigation dans les eaux internationales est un bien commun, un bien commun de l'humanité qui ne doit être contrariée par aucune entrave et aucun droit de passage", a déclaré Jean-Noël Barrot sur France Inter , alors que le président américain Donald Trump a évoqué mercredi la création d'une société commune pour gérer la navigation dans ce détroit avec paiement. "Personne ne l'accepterait, tout simplement parce que c'est illégal. Les eaux internationales sont libres à la circulation des navires", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis et l'Iran ont convenu dans la nuit de mardi à mercredi d'un cessez-le-feu qui inclut la réouverture du détroit d'Ormuz, vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures, quasiment bloqué depuis le début de la guerre le 28 février et sous le contrôle de l'armée iranienne. Du 1er mars au 7 avril, 307 passages de navires transportant des matières premières ont été recensés, selon les données de Kpler, propriétaire du site MarineTraffic, soit une baisse d'environ 95% par rapport à la période de paix. En temps normal, environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux transitent par ce goulet d'étranglement reliant le Golfe aux grandes routes maritimes internationales.

1 commentaire

  • 09 avril 11:52

    Soit on remet le couvert avec les USA contre l’Iran qui annexe le détroit et impose un péage , soit on autorise Israël à annexer ce qu’elle veut ainsi que la Russie !


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