Aller au contenu principal
Fermer

Assaut de l'armée israélienne dans le principal hôpital de Gaza
information fournie par Reuters 15/02/2024 à 19:59

L'armée
israélienne a déclaré jeudi mener une opération dans l'hôpital
Nasser, situé à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, des
images montrant des scènes de chaos et des tirs dans les
couloirs, envahis de fumée et de poussière, du principal hôpital
encore opérationnel dans l'enclave palestinienne.
        Tsahal a déclaré qu'il s'agissait d'une opération
"précise et limitée", basée sur des informations selon
lesquelles des combattants du Hamas se cachaient dans le
bâtiment et y détenaient des otages israéliens. Le groupe
palestinien a dénoncé des "mensonges".
        Selon les autorités sanitaires gazaouies, les soldats
israéliens ont forcé des dizaines de membres du personnel
soignant, de patients et de familles déplacées par les combats à
quitter l'hôpital Nasser, qui leur servait d'abri.
  
        Israël a bombardé l'hôpital Nasser aux premières heures
de la journée, après avoir pourtant dit au personnel médical et
aux patients qu'ils pouvaient rester sur place, a déclaré
Médecins sans Frontières (MSF). 
  
        "Notre personnel médical a dû fuir l'hôpital, en
laissant des patients derrière", a écrit MSF sur le réseau
social X, ajoutant que l'un de ses employés a été arrêté à un
point de contrôle de l'armée israélienne à proximité du
bâtiment.
  
        Cet assaut à l'hôpital Nasser intervient dans un
contexte de pressions internationales accrues sur Israël pour
qu'il fasse preuve de retenue dans son offensive à Gaza, alors
que l'Etat hébreu a annoncé sa volonté de poursuivre ses
opérations militaires à Rafah, ville frontalière de l'Egypte
considérée comme l'ultime refuge pour les civils palestiniens
déplacés par les combats depuis plus de quatre mois.
 
  
        Israël dit vouloir débusquer les combattants du Hamas se
cachant à Rafah, qu'il considère comme le "dernier bastion" du
groupe palestinien responsable de l'attaque du 7 octobre ayant
fait 1.200 morts et lors de laquelle 250 personnes ont été
enlevées. L'Etat hébreu entend ainsi parvenir à libérer des
otages qu'il dit détenus dans la ville.
  
        
  
        INQUIÉTUDE ACCRUE POUR LES HÔPITAUX
  
        D'après le dernier bilan des autorités sanitaires
palestiniennes, l'offensive lancée par Israël dans la bande de
Gaza en représailles à l'attaque du Hamas a fait plus de 28.600
morts. Elles craignent aussi que les cadavres de milliers de
personnes supplémentaires se trouvent sous les décombres.
  
        Les bombardements israéliens ont ravagé l'enclave
palestinienne, dévastant des quartiers entiers, dont des
hôpitaux et des écoles, déplaçant la grande majorité des 2,3
millions d'habitants et provoquant une crise humanitaire.
  
        Les attaques ayant rendu hors service la plupart des
centres de santé gazaouis inquiètent particulièrement les
Nations unies et les ONG, alors que l'armée israélienne est
intervenue au sol dans des hôpitaux et a bombardé les zones
alentours.
  
        Israël accuse le Hamas d'utiliser régulièrement les
hôpitaux et les ambulances pour ses opérations armées et d'y
cacher des armes. Le groupe palestinien nie ces accusations.
  
        Plusieurs suspects ont été arrêtés à l'hôpital Nasser, a
indiqué l'armée israélienne, précisant que son opération sur les
lieux se poursuivait.
  
    Des vidéos diffusées en ligne montrent des images de chaos
ponctuées de cris et de coups de feu dans des couloirs envahis
de poussière et de fumée. 
    Le porte-parole de Tsahal a déclaré que l'un des objectifs
de l'opération dans l'hôpital Nasser était de s'assurer que les
patients puissent continuer d'y être soignés. Il n'y a aucune
obligation d'évacuer les lieux, a ajouté Daniel Hagari.
    Selon le porte-parole du ministère gazaoui de la Santé,
l'hôpital n'aura plus de carburant pour fonctionner d'ici 24
heures, mettant en péril la vie des patients.
        Israël a prévu la livraison de fournitures médicales et
de carburant pour l'hôpital Nasser en coordination avec des
organisations internationales, a dit Daniel Hagari.
  
        Mohammad al Moghrabi, qui se réfugiait dans le bâtiment,
a déclaré que certains ayant tenté de fuir mercredi ont été
visés par des tirs et contraints de faire marche arrière.
  
        "Ce matin, ils ont dit que le passage était sûr, donc on
est parti, mais ce n'était pas le cas", a-t-il dit. "Ils se sont
approchés de nous avec un char d'assaut, nous ont insulté, nous
ont laissé là pendant des heures".
  
        Au cours de la nuit de mercredi à jeudi, environ 2.000
Palestiniens sont arrivés à Rafah, à quelques kilomètres de Khan
Younès. Certains ont pris la direction du centre de la bande de
Gaza.
  
        Des civils ont commencé plus tôt cette semaine à quitter
Rafah après des bombardements israéliens, craignant un assaut
terrestre imminent.
  
        
  
        VOIR AUSSI
  
        REPORTAGE-Des Palestiniens quittent leur refuge à Rafah,
craignant un assaut israélien  nL5N3EY60P
  

 (Reportage James Mackenzie à Jérusalem, Nidal al-Mughrabi à
Doha, avec Emma Farge à Genève; version française Jean-Stéphane
Brosse et Jean Terzian, édité par Zhifan Liu)
 

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires