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Assassinat du père Olivier Maire: un accusé silencieux et des questions en suspens
information fournie par AFP 19/01/2026 à 19:13

Emmanuel Abayisenga, incendiaire de la cathédrale de Nantes, est resté impassible lundi face à la cour d'assises de Vendée, devant laquelle il est jugé pour l'assassinat du père Olivier Maire en 2021 ( AFP / Damien MEYER )

Emmanuel Abayisenga, incendiaire de la cathédrale de Nantes, est resté impassible lundi face à la cour d'assises de Vendée, devant laquelle il est jugé pour l'assassinat du père Olivier Maire en 2021 ( AFP / Damien MEYER )

Quelques mots sur une feuille de papier, puis le silence. Emmanuel Abayisenga, incendiaire de la cathédrale de Nantes, est resté impassible lundi face à la cour d'assises de Vendée, devant laquelle il est jugé pour l'assassinat du père Olivier Maire en 2021.

Vêtu d'un survêtement gris et d'une parka rouge, l'accusé, ressortissant rwandais de 45 ans, a refusé à l'ouverture de l'audience de décliner oralement son identité, réclamant d'un geste un stylo et du papier. "Merci de respecter mon droit au silence. Je n'ai pas besoin d'une interprète ni d'un avocat", a-t-il écrit à la présidente, Anne Haye.

Ce silence, "on s'y attendait un peu puisque de précédentes fois où il a été convoqué, il a refusé de venir. Cette fois-ci, il a refusé de parler", a remarqué en marge de l'audience Me Antoine De Guerry De Beauregard, avocat de la congrégation à laquelle appartenait le père Olivier Maire, partie civile au procès.

"S'agit-il d'une stratégie ou d'une véritable incapacité pathologique ? On ne le sait pas, on ne le saura sans doute jamais", a-t-il ajouté.

En août 2021, sous contrôle judiciaire après avoir été incarcéré dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de la cathédrale, Emmanuel Abayisenga est hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). Il vient d'effectuer un séjour de quelques semaines en hôpital psychiatrique.

Le 9 août, en début de matinée, il se rend à la gendarmerie et demande, confus, à être envoyé en prison.

Le corps d'Olivier Maire, 61 ans, est retrouvé ensanglanté dans le bâtiment où lui et M. Abayisenga logeaient. D'après l'autopsie, la victime est décédée dans la nuit du 8 au 9 août des suites de coups violents portés à la tête.

- Discernement -

Entre ses déclarations aux gendarmes et sa garde à vue - reprise en juin 2022 après un nouveau séjour en psychiatrie -, les explications du mis en cause ont varié sur les raisons de son passage à l'acte. Il a nié l'avoir prémédité.

Les experts psychiatres qui l'ont examiné ont retenu l'altération de son discernement au moment des faits.

Le sujet "de l'altération ou de l'abolition du discernement" sera "la principale question de ce dossier", selon Me De Guerry De Beauregard.

Les deux frères d'Olivier Maire, parties civiles, "se posent encore des questions", notamment sur les raisons du meurtre, et espèrent des réponses", a déclaré leur avocate Me Céline Party, en amont de l'audience.

Lundi, au moment d'évoquer le parcours de vie de l'accusé, la présidente s'est à nouveau tournée vers lui: "Voulez-vous vous présenter?". Emmanuel Abayisenga, regard fixé devant lui, reste impassible.

"Il n'est pas tout mauvais Emmanuel, il n'a pas toujours cherché à s'exprimer par la violence", a assuré à la barre une religieuse qui l'avait rencontré au sein d'une structure d'aide aux demandeurs d'asile. Elle s'est dite "choquée" par le meurtre du prêtre.

- Demandes d'asile -

Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l'accusé a été débouté à plusieurs reprises de ses demandes d'asile. Il a fait l'objet de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019.

En demandant l'asile, il avait notamment affirmé avoir été enfant soldat en 1994 lors du génocide rwandais et que son père avait été fusillé sous ses yeux. Dans un communiqué transmis à la presse après la mort d'Olivier Maire, un oncle d'Emmanuel Abayisenga avait démenti ce récit.

La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul incendiée à Nantes le 18 juillet 2020 ( AFP / Sebastien SALOM-GOMIS )

La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul incendiée à Nantes le 18 juillet 2020 ( AFP / Sebastien SALOM-GOMIS )

Condamné à quatre ans de prison pour l'incendie en juillet 2020 de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré lors du procès avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l'édifice fin 2018.

Dans un mail adressé à de nombreux contacts le jour de l'incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et cette agression.

Avant le meurtre du père Olivier Maire, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison.

La mort du prêtre avait à l'époque provoqué un vif émoi, y compris au plus haut niveau de l'Eglise catholique: le pape François avait fait part de sa "douleur" lors de son audience publique hebdomadaire.

Le verdict est prévu jeudi.

3 commentaires

  • 09:41

    "Les experts psychiatres ..... ont retenu l'altération de son discernement au moment des faits" .... toujours la même rengaine, donc un fou peut tuer tuer sans qu'on l'isole définitivement de la société, .... les brebis galeuses ont de beaux jours de liberté devant elles .... on est devenu une société décadente promise à l'extinction


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