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Budget : Lecornu choisit le 49.3 avec "amertume"
information fournie par AFP 19/01/2026 à 20:31

Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 janvier 2026, à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 janvier 2026, à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

"Semi-succès", "semi-échec", Sébastien Lecornu s'est résigné lundi à passer par le 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l'Etat à l'Assemblée nationale, espérant échapper aux motions de censure grâce aux concessions faites aux socialistes.

Quelques mois après y avoir renoncé pour éviter une censure de ces mêmes députés socialistes, le chef du gouvernement a officialisé, avec "regret" et "un peu d'amertume", le recours dès "mardi" à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution.

"Tout le monde en arrive à la conclusion qu'on va dans une impasse", a argué le chef du gouvernement après un conseil des ministres à l'Elysée, alors que le budget n'avait plus aucune chance d'être adopté par un vote du Parlement.

Le 49.3 sera activé mardi sur le volet "recettes" du projet de loi de finances, puis, sauf censure, une deuxième fois quelques jours plus tard sur les "dépenses". Le texte irait ensuite rapidement au Sénat, puis reviendrait à l'Assemblée pour un troisième et dernier 49.3.

Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février...

- "Stabilité" -

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 janvier 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 janvier 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Après plus de quatre mois de joutes parlementaires, la France aura enfin une loi de finances. Mais c'est aussi un revers sur la forme pour Sébastien Lecornu, contraint de se dédire et de passer en force.

Il a lui-même reconnu un "semi-échec", mais vanté un "semi-succès", rappelant que le budget de la Sécurité sociale avait pu être approuvé à l'issue d'une procédure parlementaire classique. "Je suis obligé de revenir sur ma parole, mais en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m'entête", a-t-il justifié.

Il a reçu le soutien du président Emmanuel Macron, qui en conseil des ministres a jugé que le compromis permettrait la "stabilité, et "au pays d'avancer", a rapporté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

A contrario la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, avait déjà prévenu que ses députés déposeraient en retour une motion de censure du gouvernement, contre "un budget de malheur".

Marine Le Pen, cheffe des députés du Rassemblement national, a elle dénoncé "des annonces irresponsables pour acheter le PS au mépris de l'intérêt national", et annoncé une autre motion de censure.

Et les écologistes "n'ont aucune raison de ne pas censurer", a annoncé leur patronne Marine Tondelier. Cyrielle Chatelain, patronne des députés, a annoncé que le groupe déciderait mardi avec la copie finale, se demandant si le gouvernement cachait "le coût de la facture, notamment en termes de coupes sur les services publics".

Pour faire passer le budget de l'Etat, le Premier ministre compte sur l'abstention des socialistes, qui est en bonne voie.

"Je crois que les conditions sont réunies" pour éviter une censure du PS, a estimé lundi soir le patron des députés Boris Vallaud sur BFMTV.

- "Ça suffit" -

Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 janvier 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 janvier 2026 à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Les vœux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d'achat, avec une hausse de la prime d'activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert...

La proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises a aussi été retenue in fine, pour un rendement de 8 milliards d'euros en 2026, comme en 2025.

Motions de censure déposées par les députés contre les Premiers ministres des deux quinquennats d'Emmanuel Macron après l'usage de l'article 49.3 engageant la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale ( AFP / Paz PIZARRO )

Motions de censure déposées par les députés contre les Premiers ministres des deux quinquennats d'Emmanuel Macron après l'usage de l'article 49.3 engageant la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale ( AFP / Paz PIZARRO )

Pour contenir le déficit public à 5% du PIB maximum, un engagement pris "sincèrement", a répété Sébastien Lecornu, sans augmenter la fiscalité des ménages, la taxation des grandes entreprises a fait office de variable d'ajustement.

Et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé le maintien dans le texte d'une taxe visant le patrimoine financier des holdings familiales.

Reste que les concessions faites au PS irritent les parlementaires du camp gouvernemental.

"Quand vous ponctionnez les entreprises françaises, ça pèse sur les Français", a regretté dans l'Opinion Marc Fesneau, patron des députés MoDem. "On aurait dû sans doute dire aux socialistes, à un moment +ça suffit+", a déploré le député, questionnant avec insistance la crédibilité de l'objectif de 5% de déficit.

"C'est une évidence, c'est un budget très imparfait", a estimé Laurent Wauquiez, patron des députés LR qui ne devraient pas pour autant voter la censure.

Une source au sein du groupe macroniste déplore elle un "gouvernement tenu par une poignée de députés socialistes".

Au cours d'une conférence de presse, Sébastien Lecornu a assuré avoir répondu aux demandes de Gabriel Attal, le chef de Renaissance, et de Laurent Wauquiez, en renonçant à toucher respectivement aux allègements de charges des entreprises, et en indexant le barème de l'impôt sur le revenu pour suivre l'inflation.

23 commentaires

  • 20:29

    une coquille vide qui fait son caliméro c'est le comble...


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