"Nous devons ajuster nos politiques commerciale et économique en fonction" de la volonté de l'Arménie de rejoindre l'UE, a estimé le président russe.
Nikol Pachinian et Vladimir Poutine à Erevan, en Arménie le 27 décembre 2018. ( POOL / ALEXANDER NEMENOV )
L'Arménie peut-elle adhérer à l'Union européenne tout en restant dans l'Union eurasiatique, formée de pays de l'ex-URSS ? Assurément, a répondu le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, dans un échange tendu avec président russe Vladimir Poutine qui en a douté publiquement, mardi 2 septembre en marge d'un sommet au Kirghizstan.
Les deux hommes se sont rencontrés à l'occasion du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghizstan, en Asie centrale, pour la première fois depuis les élections en Arménie qui ont confirmé le pivot de ce pays du Caucase vers l'Occident.
Le président russe Vladimir Poutine a répété à cette occasion la position de Moscou selon laquelle une adhésion de l'Arménie à l'Union européenne "crée assurément des difficultés pour le maintien de son statut au sein de l'Union économique eurasiatique". Il a de nouveau appelé Erevan à soumettre sa volonté d'adhérer à l'UE à un référendum "le plus rapidement possible".
"Nous devons ajuster nos politiques commerciale et économique en fonction de ces possibles décisions", a-t-il déclaré.
Erevan et Moscou en froid
Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a répondu que l'adoption l'année dernière d'une loi déclarant officiellement l'intention de l'Arménie de se porter candidate à l'UE rendait inutile un referendum. Il a affirmé qu'il était prématuré de parler d'une sortie de l'Arménie de l'Union économique eurasiatique.
"L'adoption d'une loi initiant la procédure pour rejoindre une autre organisation économique revient dans les faits à annoncer le retrait de la nôtre" , lui a répondu Vladimir Poutine.
Sous influence russe depuis la conquête du Caucase par la Russie au XIXe siècle, l'Arménie a entamé ces derniers mois un virage en direction des Occidentaux sous l'impulsion de Nikol Pachinian, dont le parti a remporté les élections législatives en juin.
L'ambition affichée du chef du gouvernement arménien de faire entrer son pays dans l'UE a jeté un froid sur les relations entre Erevan et Moscou, qui a pris en rétorsion des sanctions contre l'Arménie, dont elle est un partenaire commercial majeur.
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