La prise de parole de Nikol Pachinian intervient dans un contexte de relations degradées entre Erevan avec Moscou.
Nikol Pachinian, le 17 octobre 2023, à Strasbourg ( AFP / FREDERICK FLORIN )
Face aux demandes russes de referendum arménien sur la question euroéeopnne, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a répondu à Moscou, affirmant lundi 24 août que son pays pourrait envoyer prochainement sa demande officielle d'adhésion à l'UE.
La Russie voit d'un très mauvais oeil les ambitions européennes de cette ex-république soviétique du Caucase, qu'elle considère comme son pré carré. Moscou insiste pour que l'Arménie organise d'abord un référendum sur son adhésion à l'UE, incompatible selon elle avec son maintien dans leur alliance économique commune, l'Union économique eurasiatique.
Nikol Pachinian, qui s'exprimait devant le Parlement, a répondu qu'un référendum n'aurait de sens qu'une fois qu'il serait possible "d'évaluer le réalisme" d'une adhésion à l'UE. Pour cela, "l'Arménie doit d'abord déposer sa candidature à l'adhésion à l'Union européenne", a-t-il estimé. "Nous pourrions enclencher ce processus dans un futur proche, surtout étant donné les demandes urgentes de nos partenaires de l'Union économique eurasiatique", a ajouté Nikol Pachinian, sans préciser de date.
Sanctions russes
Les présidents russe, bélarusse, kazakh et kirghiz avaient demandé en mai que l'Arménie décide par un référendum de son adhésion à l'UE ou de son maintien à leur union régionale. Le virage européen d'Erevan a jeté un froid dans ses relations avec Moscou, qui a pris des sanctions contre l'Arménie. La Russie a notamment interdit l'importation de produits agricoles arméniens, pour lesquels elle est un marché clé.
L'Arménie et la Russie sont techniquement alliées, mais Erevan reproche à Moscou de ne pas l'avoir aidée lors de la guerre avec l'Azerbaïdjan en 2023 et sollicite les faveurs de l'UE et des Etats-Unis. L'Arménie a notamment suspendu sa participation à un pacte de sécurité régional avec la Russie. Nikol Pachinian a affirmé qu'il serait "satisfait" que son pays soit finalement exclu de ce pacte, ce qui le libérerait "du dilemme de le quitter ou pas".
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