( AFP / ALEJANDRO PAGNI )
L'inflation en Argentine a atteint 2,1 % en mai, un nouveau ralentissement après la baisse enregistrée en avril, selon les données publiées jeudi par l'Institut national de la statistique (INDEC).
Avec ce chiffre de mai, l'inflation cumulée pour les cinq premiers mois de l'année s'établit à 14,7 %, tandis que la variation annuelle avoisine les 33,2 %.
L'inflation d'avril était de 2,6 %, après un pic à 3,4 % en mars. La hausse de mai s'explique par la progression des prix dans les secteurs des communications (3,4 %) et de l'éducation (2,9 %), tandis que le secteur le moins touché est celui de l'habillement et de la chaussure (0,3 %).
Le président Javier Milei s'est félicité de ces données sur X, où il a salué le travail de son ministre de l'Économie, Luis "Toto" Caputo, et a souligné que l'inflation sous-jacente avait franchi le seuil des 2 %, "tombant à 1,9 %".
Pour le gouvernement, cette baisse du taux d'inflation constitue l'un des principaux succès de son programme de stabilisation.
Lorsque Milei a pris ses fonctions en décembre 2023 et a dévalué le peso de moitié, l'inflation annuelle avoisinait les 211 %.
Deux ans plus tard, après un ajustement budgétaire draconien, cet indicateur est tombé à 31,5 %, son niveau le plus bas en huit ans.
Mais pour une grande partie de la population, le fossé entre les statistiques de l'Institut national de la statistique et des recensements (INDEC) et la réalité quotidienne reste important.
"Il y a certains achats qui procurent un bref moment d'optimisme, comme un produit qu'on n'a pas acheté depuis longtemps et dont on s'attendait à ce que le prix ait augmenté, ou un service dont le prix est resté inchangé pendant des mois", a confié à l'AFP Horacio Barros, un producteur de musique de 41 ans.
Cependant, Barros met en garde : "Quand on cède à cet optimisme, on se rend compte qu'on est à court d'argent plus vite que le mois précédent".
Un rapport publié en mai par l'Université de Buenos Aires (UBA) indique qu'entre novembre 2023 et avril 2026, le salaire minimum a perdu 39,3 % de son pouvoir d'achat, passant sous son niveau de 2001, année du soulèvement social en Argentine.
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