( AFP / GUILLAUME SOUVANT )
Le groupe français Michelin a vu son bénéfice net reculer de 8,8% au premier semestre, en lien avec un recul des ventes de 2,6%, pâtissant des effets de change et de la faiblesse du marché automobile.
"Dans un environnement économique chahuté, marqué par un effet de change particulièrement défavorable" et alors que les ventes de voitures neuves restent "déprimées", le bénéfice net s'établit à 766 millions d'euros, précise le géant français des pneus dans un communiqué publié lundi.
A 12,7 milliards d'euros sur la période janvier-juin, le chiffre d'affaires s'avère conforme aux attentes des analystes interrogés par le fournisseur de données Factset.
Il s'inscrit en recul de 2,6% par rapport au premier semestre 2025, mais en neutralisant l'impact des variations des taux de change, il affiche une progression de 0,5%.
Au total, les effets de change ont amputé le chiffre d'affaires de 403 millions d'euros (principalement sous l'effet de la dépréciation du dollar), précise le groupe dans son communiqué.
En volume, les ventes ont reculé de 0,9%, principalement du fait de la "première monte" (les pneus installés par les constructeurs automobiles sur les voitures neuves, NDLR), dont les ventes restent faibles.
Malgré ce contexte "très tendu", Michelin a décidé de réaffirmer ses objectifs financiers annuels, a déclaré Bénédicte de Bonnechose, directrice financière du groupe depuis le mois de juin, lors d'une visioconférence de presse.
"On aborde le second semestre à la fois avec confiance et lucidité", parce que "malgré tous ces vents contraires Michelin s'appuie sur des fondamentaux solides", a-t-elle ajouté.
Michelin s'attend toujours à ce que les coûts supplémentaires liés au conflit au Moyen-Orient - qui a notamment renchéri le coût de ses matières premières dérivées du pétrole - soit de l'ordre de 400 millions d'euros cette année, en faisant l'hypothèse d'un baril de pétrole à 100 dollars jusqu'à la fin 2026.
Sur les six premiers mois de l'année, Michelin a amélioré à 11,4% sa marge opérationnelle des secteurs (l'indicateur qu'il privilégie pour évaluer la rentabilité dans ses différents secteurs d'activité), contre 11,1% au premier semestre 2025.
Dans cet environnement contraint, Michelin a continué au cours du semestre écoulé à adapter sa production pour réduire ses coûts, en annonçant notamment un dispositif de départs volontaires en France visant à supprimer "jusqu'à 1.500 postes sur trois ans" et la fermeture progressive d'une usine de 1.200 salariés aux Etats-Unis, dans l'Alabama.
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