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Après le meurtre de Quentin Deranque, le RN pousse son avantage face à une LFI affaiblie
information fournie par AFP 18/02/2026 à 13:58

Le président du Rassemblement national et eurodéputé, Jordan Bardella, le 9 février 2026 au Parlement européen à Strasbourg ( AFP / FREDERICK FLORIN )

Le président du Rassemblement national et eurodéputé, Jordan Bardella, le 9 février 2026 au Parlement européen à Strasbourg ( AFP / FREDERICK FLORIN )

En pointe pour dénoncer La France insoumise depuis le meurtre de Quentin Deranque, le Rassemblement national pousse son avantage pour affaiblir un rival en vue des prochaines élections et parachever sa dédiabolisation aux dépens du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

En politique, la justice passe par les élections. Jordan Bardella l'a rappelé mercredi, après avoir instruit le procès à charge de LFI et de Jean-Luc Mélenchon, qui ont selon lui "des comptes à rendre" pour la mort du jeune militant nationaliste lynché à Lyon le 14 février.

D'autant plus qu'un assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault - fondateur du groupe antifascite la Jeune Garde - fait partie des premiers suspects interpellés.

"Les Français seront seuls juges dans l'isoloir et dans l'urne", a déclaré sur CNews et Europe 1 le président du RN, appelant pour l'occasion "à mettre en place un cordon sanitaire" contre LFI "en vue des futures élections".

A commencer par les municipales, pour lesquelles il prône désormais un "tout sauf LFI" au soir du premier tour, le 15 mars, là où les Insoumis seront "en capacité de remporter des municipalités".

Un pas de plus en direction de la droite, après avoir ouvert la porte il y a seulement dix jours à des "listes d'union" ou de "rassemblement", mais seulement "au cas par cas" face au "danger de voir l'extrême gauche" gagner certains villes.

Au-delà de cette échéance, M. Bardella se projette aussi vers 2027. "Il ne faut pas oublier le danger que représente Monsieur Mélenchon, en vue notamment de la prochaine élection présidentielle", dit-il, espérant le même "front commun" pour "faire en sorte que LFI ne se retrouve pas au pouvoir dans quelques mois dans notre pays".

L'épouvantail insoumis est donc plus que jamais un argument de campagne, repris à l'unisson par les cadres du RN. Parfois sans aucune nuance, comme le député Philippe Ballard affirmant mardi sur franceinfo que "LFI fait tout pour provoquer une guerre civile en France", ou son collègue Laurent Jacobelli proclamant sur TF1 que "l'extrême gauche est le nouveau fascisme".

- "milices paramilitaires" -

Le coeur de ces critiques se concentre évidemment sur les liens entre LFI et la Jeune Garde, au coeur des suspicions dans l'enquête sur le meurtre de Quentin Deranque. "Mélenchon sait très bien comment fonctionne ce genre de groupe, ce n'est pas le perdreau de l'année (...) Il joue avec le feu et le feu est en train de dévorer son groupe", a estimé Jean-Philippe Tanguy mardi sur Sud Radio.

M. Bardella a même qualifié le groupement - dont la dissolution prononcée en juin 2025 fait l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat - de "bras armé" du parti mélenchoniste, "sur le modèle des milices paramilitaires des années 1930".

Une comparaison osée pour le chef d'un parti souvent ramené à son histoire, puisant ses racines dans les mouvements d'extrême droite de l'après-guerre. Sans oublier ses liens plus récents avec des groupes commes le GUD ou le Bloc identitaire.

Mais aujourd'hui le RN assure avoir coupé les ponts avec ces soutiens devenus infréquentables. "Nous n'avons aucun lien avec ces gens-là", assure M. Bardella, martelant sa volonté de dissoudre les "organisations d'ultragauche" comme celle "d'ultradroite" s'il devait accéder au pouvoir.

Le dauphin de Marine Le Pen se place ainsi en continuateur de l'oeuvre de sa patronne, qui a méthodiquement lissé l'image du parti depuis qu'elle en a repris les rênes à son père, Jean-Marie Le Pen, en 2011. "C'est le combat de sa vie, depuis 15 ans elle a complètement écarté tous ceux qui pouvaient frayer avec les extrêmes", a encore assuré le député Franck Allisio mardi sur franceinfo.

Reste que le discours demeure bien plus sévère à l'encontre de l'ultragauche, que M. Bardella et Mme Le Pen entendent "traiter comme des organisations terroristes".

Dans le même temps, leur alliée Marion Maréchal a affirmé, mardi sur BFMTV et RMC, que "la violence d'extrême droite est dérisoire par rapport à la violence d'extrême gauche".

L'historien Nicolas Lebourg, l'enseignante en sociologie politique Isabelle Sommier et Xavier Cretttiez, professeur en sciences politiques ont aussitôt relevé que, depuis 40 ans, le nombre de morts imputés à l'ultradroite est beaucoup plus important que ceux imputés à l'ultragauche.

8 commentaires

  • 15:35

    Je suis comme des millions de français un démocrate et un républicain opposé à la guerre civile de LFI et du RN à l'extrême gauche et l'extrême droite...... avec ces 2 là on ne parlera plus de déclin mais de chaos et de ruine sans retour possible


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