La Commission européenne passe outre un vote du Parlement européen qui avait suspendu cet accord, au grand dam de l'Allemagne.
Emmanuel Macron à Alden Biesen, en Belgique, le 12 février 2026. ( AFP / NICOLAS TUCAT )
L'application provisoire de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur va apporter "prospérité et croissance" aux deux continents, s'est félicité vendredi 27 février le ministre allemand des Affaires étrangères. Emmanuel Macron, de son côté, a dénoncé "une mauvaise surprise" pour la France, qui y est opposée, et "une mauvaise manière" pour le Parlement européen.
"C'est l'heure de l'Europe (...), les entreprises et les citoyens des deux continents peuvent enfin bénéficier d'une plus grande prospérité et d'une croissance accrue" , s'est félicité dans un message sur X Johann Wadephul, qualifiant l'accord d'"historique". Très dépendante de ses exportations, la première économie européenne est une fervente partisane du traité de libre-échange entre l'UE et des pays latino-américains du Mercosur, d'autant plus crucial pour l'Allemagne dans un contexte de concurrence chinoise et d'incertitudes commerciales dues à la politique erratique de Donald Trump sur les droits de douanes.
Contrairement à la France, l'Allemagne avait vécu comme un revers la récente suspension de l'application de l'accord UE-Mercosur après un vote d'eurodéputés, encouragés par le secteur agricole qui avait multiplié les mobilisations contre ce texte.
La principale fédération de l'industrie automobile allemande (VDA), secteur particulièrement à la peine en raison des droits de douane américains et de la concurrence chinoise, s'est réjouie de la décision de la Commission, la qualifiant de "bonne nouvelle" pour son secteur. "En cette période de montée du protectionnisme, la Commission européenne envoie ainsi un signal fort en faveur d'un commerce mondial et équitable" , a jugé la VDA, appelant la Cour de justice européenne et le Parlement européen à permettre l'entrée en vigueur définitive du texte.
"Très lourde responsabilité"
"La Commission européenne a fait le choix unilatéral d'appliquer provisoirement l'accord avec le Mercosur , alors même que le Parlement européen ne l'a pas voté. Elle assume ainsi une très lourde responsabilité", a protesté le président français lors d'une déclaration au côté du Premier ministre slovène Robert Golob à Paris. "C'est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leurs inquiétudes et pour lesquelles les Européens n'ont pas encore apporté la visibilité nécessaire", a-t-il dit, jugeant que cette décision renforçait "leur incertitude".
"C'est aussi une grande responsabilité vis-à-vis des citoyens européens et de leurs représentants qui n'ont pas été dûment respectés", a encore dénoncé le chef de l'État. "Pour la France c'est une surprise, et une mauvaise surprise. Et pour le Parlement européen c'est une mauvaise manière" , a-t-il martelé.
Il a promis de veiller à faire en sorte que "ce que nous avons durement négocié durant ces derniers mois soit respecté" en matière de règles pour encadrer les échanges agricoles avec le Mercosur.
"Nous serons intraitables sur le respect de ces règles, parce que notre Europe a beaucoup alourdi les règles sur nos producteurs ces dernières années. Et donc je ne défendrai jamais un accord qui est laxiste à l'égard de ce qu'on importe et dur à l'égard de ce qu'on produit chez nous parce que c'est incohérent pour le consommateur européen et c'est criminel pour la souveraineté européenne", a encore affirmé Emmanuel Macron.
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