Aller au contenu principal
Fermer

Adoption définitive du texte créant un "droit à l'aide à mourir"
information fournie par Reuters 16/07/2026 à 07:27
Ajouter Boursorama à vos sources

Le Parlement français se prononce sur le projet de loi relatif à la fin de vie à Paris

Le Parlement français se prononce sur le projet de loi relatif à la fin de vie à Paris

Les députés français ont définitivement adopté mercredi une proposition de loi créant ‌un droit à l'aide à mourir, une réforme sociétale au parcours long et sinueux qui continue de susciter interrogations éthiques et médicales.

Le texte a été approuvé par ​291 voix contre 241. Il est complété par une loi sur l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs promulguée le 26 mai dernier.

Dans sa version définitive, la proposition de loi institue sous de strictes conditions un dispositif encadré de suicide assisté voire d'euthanasie active pour les malades majeurs condamnés par une ​pathologie grave et qui en expriment la demande, comme cela existe déjà dans plusieurs pays européens selon des modalités diverses (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Espagne, Portugal).

En France, la loi Leonetti de 2005 interdisait jusqu'à présent l'euthanasie active, ​c'est-à-dire l'intervention d'un tiers pour abréger les souffrances d'une personne. Elle autorisait toutefois ⁠un malade à refuser un traitement relevant d'une "obstination déraisonnable". Il s'agit dans ce cas d'une euthanasie passive, les médecins décidant de ne pas prendre ‌de mesures pour prolonger la vie du patient.

Les termes "suicide assisté" et "euthanasie" sont absents du texte français. Le choix d'un lexique "consensuel" a été voulu jusqu'au sommet de l'Etat pour ménager une voie médiane sur ce sujet qui divise, singulièrement au sein de la communauté ​médicale, malgré les réécritures du texte.

Auteur de la proposition de ‌loi, le député MoDem Olivier Falorni avait estimé en février dernier que le mot "euthanasie" a "été souillé par l'Histoire ⁠par l'usage qu'en a fait le régime nazi". "La formule "suicide assisté" crée une "confusion" avec "le combat à mener en faveur de la prévention du suicide", avait-il ajouté.

Selon la proposition de loi, le patient souhaitant bénéficier d'une aide à mourir doit remplir cinq critères : être majeur ; être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière ⁠en France ; être atteint d'une "affection grave ‌et incurable, quelle qu'en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée" ; présenter une souffrance physique ou psychologique ⁠liée à cette affection, qui est "soit réfractaire aux traitements, soit insupportable" ; et être "apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée".

CLAUSE DE CONSCIENCE

La "souffrance psychologique seule" ‌est exclue du champ d'application de la loi. L'auto-administration d'un produit létal sera la règle, une intervention d'un médecin ou infirmier étant admise ⁠seulement si le malade "n'est pas en mesure physiquement d'y procéder".

Le patient dispose d'un délai de réflexion d'au moins deux ⁠jours pour confirmer au médecin qu'il ‌souhaite l'administration d'un produit létal, le médecin étant tenu de rendre sa décision motivée dans les 15 jours suivant la demande d'aide à mourir. Ce délai est ​jugé trop court par les opposants au texte, qui s'inquiètent également d'une "banalisation de l'acte" ‌imposée au corps médical.

Une clause de conscience est créée pour les professionnels de santé qui refuseraient de participer à la procédure d'aide à mourir.

Signe des réticences politiques face à un sujet qui ​convoque l'intime, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi saisir le Conseil constitutionnel afin que la loi puisse s'appliquer "dans le plein respect des principes que notre Constitution garantit et, en particulier, de la dignité humaine".

Trois aspects sont soumis à l'examen des "Sages" : la question du délai de rétractation des malades et sa ⁠compatibilité avec "les principes de liberté personnelle et de dignité humaine"; la situation des personnes majeures protégées et l'obligation pour tous les établissements de santé ou médico-sociaux de pratiquer l'aide à mourir sachant que certains s'y opposent.

"C'est une loi votée par des gens riches et bien portants qui ont peur de la déchéance, mais qui s'appliquera aux autres, à ceux qui ne peuvent pas vraiment choisir", avait déploré le député (Les Républicains) Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, lors du vote en deuxième lecture du texte à l'Assemblée nationale en février dernier. Texte qui aura été rejeté trois fois par le Sénat durant ​un parcours parlementaire de deux années.

(Rédaction de Paris)

5 commentaires

  • 16 juillet 18:42

    Dire que c'est uniquement pour pallier l'inexistence de service de soins palliatifs dans certains départements. Le risque c'est qu'on les réduisent dans les départements où il y en avait.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure s'exprime lors de l'université d'été de son  parti, le 29 août 2026 à Blois  ( AFP / Alain JOCARD )
    information fournie par AFP 30.08.2026 16:02 

    L'attente n'aura pas été longue: quelques heures après son discours en clôture de l'université d'été de Blois, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure , a annoncé aux députés de son groupe sa candidature à la primaire de le gauche en vue de la ... Lire la suite

  • Quelque 273.000 électeurs sont invités à répondre à la question suivante: "L'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union européenne?" ( AFP / Jonathan NACKSTRAND )
    information fournie par AFP 30.08.2026 15:58 

    Les Islandais ont rejeté ce weekend par référendum une reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, un coup dur pour Bruxelles qui aurait vu d'un bon oeil une candidature de la riche île de l'Atlantique Nord. A la question "L'Islande doit-elle rouvrir ... Lire la suite

  • Des gens attendent des nouvelles après le naufrage d'un bateau de croisière avec près de 270 personnes à bord au large de Chypre du Nord, le 30 août 2026 au port de Kyrenia/Girne  ( AFP / Jewel SAMAD )
    information fournie par AFP 30.08.2026 15:46 

    Un bateau de croisière parti du port de Kyrenia/Girne en République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée) avec près de 270 personnes à bord a chaviré dimanche faisant au moins sept morts, une vingtaine étant encore portées disparues. Les causes du naufrage, ... Lire la suite

  • Le candidat Renaissance à l'élection présidentielle Gabriel Attal en visite à la foire de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, le 30 août 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )
    information fournie par AFP 30.08.2026 15:29 

    En visite dimanche à la foire de Châlons-en-Champagne, Gabriel Attal a souligné ses "vraies différences" avec Edouard Philippe, jugeant au passage que son rival à l'élection présidentielle fait campagne "avec les idées d'il y a 20 ans". "J'ai de très bons rapports ... Lire la suite

Pages les plus populaires