Le tronc d'un olivier avattu devant la stèle rendant hommage à Ilan Halimi, le 15 août 2025 à Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis ( AFP / Dimitar DILKOFF )
L'accusation a requis mercredi devant la cour d'appel de Paris, un an de prison ferme à l'encontre de deux frères jumeaux de 20 ans, accusés d'avoir abattu mi-août à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) un olivier planté en mémoire d'Ilan Halimi.
Le jeune homme, de confession juive, avait été séquestré et torturé à mort en janvier 2006.
L'avocate générale a estimé les frères coupables d'avoir abattu l’arbre et a retenu l'infraction antisémite, demandant un an de prison ferme avec maintien en détention pour Brahim K., et un an ferme sans mandat de dépôt pour son frère Ismaël K.
Seul Brahim K., 20 ans, condamné en octobre dernier à huit mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bobigny pour destruction du bien d'autrui aggravée, était présent.
Son jumeau, Ismaël K., condamné à huit mois de prison avec sursis, était lui absent, expulsé vers la Tunisie, après une OQTF (obligation de quitter le territoire français), selon Me Romain Ruiz, l'avocat de Brahim K..
Le tronc troncçonné de l'olivier (en haut, g) planté au mémorial en hommage à Ilan Halimi à Epinay-sur-Seine le 15 août 2025, en Seine-Saint-Denis ( AFP / Dimitar DILKOFF )
Fin octobre, le parquet avait fait appel du jugement, dénonçant la relaxe sur les faits de violation d'un monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l'ethnie, la nation ou la religion.
L'olivier, planté en 2011 à Epinay-sur-Seine à une dizaine de kilomètres au nord de Paris, avait été abattu dans la nuit du 13 au 14 août, quelques jours avant l'interpellation des jumeaux.
Les enquêteurs avaient découvert que leurs téléphones bornaient dans le parc la nuit des faits. Leur ADN avait également été prélevé sur des morceaux de pastèque retrouvés autour du tronc coupé. Un fruit, devenu le symbole de la résistance du peuple palestinien face à l'occupation israélienne.
Dans le téléphone d'Ismaël K., une vidéo de son frère jouant avec une tronçonneuse à proximité de la stèle avait été retrouvée.
En appel, Brahim K. a à nouveau assuré qu'il n'avait pas abattu l'arbre et qu'il ne connaissait pas Ilan Halimi, un juif de 23 ans, mort en février 2006 après avoir été séquestré et torturé par un groupe qui se faisait appeler le "gang des barbares".
Brahim K. "n'a pas une croix gammée tatouée sur le front, il n'est pas islamiste intégriste, mais est-ce qu'il faut tout ça pour retenir la circonstance aggravante d'antisémitisme? Je crois que non", a plaidé Me Alain Jakubowicz, pour la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), SOS Racisme et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF).
Plusieurs arbres plantés en hommage à Ilan Halimi ont été abattus à travers la France.
Le président Emmanuel Macron (g) ajoute de la terre à un chêne dédié à Ilan Halimi, en présence de la sœur d'Ilan, Anne-Laure Abitbol (d), lors d'une cérémonie commémorant le 20e anniversaire de son assassinat, à l'Élysée, le 13 février 2026 à Paris ( POOL / Bertrand GUAY )
Vendredi dernier, jour anniversaire de la mort d'Ilan Halimi, Emmanuel Macron a planté un chêne dans les jardins de l'Elysée. "Peut-être en France qui sera protégé", a ironisé Me Jakubowicz dans sa plaidoirie, en référence aux nombreux arbres abattus à travers le pays et qui avaient été plantés en mémoire d’Ilan Halimi.
La décision sera rendue le 18 mars.

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