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A gauche, les grandes manoeuvres pour trouver un candidat avant la présidentielle
information fournie par AFP 10/04/2026 à 10:30

Jean-Luc Mélenchon à Lille le 19 mars 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Jean-Luc Mélenchon à Lille le 19 mars 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Les grandes manoeuvres ont commencé à gauche à un an de la présidentielle, entre les partisans d'une primaire pour trouver un candidat commun, ceux qui s’y opposent mais plaident malgré tout pour une union partielle, et La France insoumise qui espère rassembler derrière son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Plusieurs candidats sont déjà déclarés, encore plus sont pressentis, mais aucune figure ne s'impose clairement, et tous savent que partir trop divisés condamnerait une nouvelle fois la gauche à l’absence au second tour.

Plusieurs stratégies s'affrontent et aucune ne prévoit le rassemblement de toute la gauche derrière un candidat unique, bien au contraire.

Une première frange plaide pour une primaire "de la gauche et des écologistes", dite aussi primaire de la gauche unitaire. Lancée en juillet dernier à Bagneux, l’initiative a été confirmée fin janvier à Tours, avec une échéance fixée au 11 octobre.

A la manoeuvre, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout!) et l'ancienne prétendante de la gauche à Matignon, Lucie Castets, mais aussi le patron du PS Olivier Faure.

Marine Tondelier, Olivier Faure et François Ruffin à Amiens dans le cadre de la campagne des municipales le 9 mars 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

Marine Tondelier, Olivier Faure et François Ruffin à Amiens dans le cadre de la campagne des municipales le 9 mars 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

Ce dernier, convaincu de la nécessité de former, comme aux municipales, une alliance avec écologistes et communistes dès le premier tour, affirme n'être "pas fétichiste" de ce processus de sélection, mais considère qu'il reste à ce stade le meilleur moyen d'éviter la multiplication des candidatures.

Un de ses opposants le soupçonne surtout de vouloir gagner du temps. "Il sait qu'il n’y aura pas de primaire" et, potentiel candidat, il ne décolle pas dans les sondages.

Mais Marine Tondelier, déjà déclarée à la primaire, a prévenu que les Ecologistes ne se rangeraient derrière un autre candidat que dans le cadre de ce processus de vote démocratique. Et François Ruffin, déjà en campagne, menace aussi de partir en solitaire.

Un premier meeting des "unitaires" est prévu le 5 mai, avec l’objectif de lancer la dynamique.

Pas certain toutefois qu’Olivier Faure y soit, tant cette option est combattue par ses opposants internes, bien décidés à faire échouer cette "petite primaire", synonyme selon eux d'échec pour la gauche.

Le secrétaire national du parti communiste Fabien Roussel le 15 mars 2026 à Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord  ( AFP / Francois LO PRESTI )

Le secrétaire national du parti communiste Fabien Roussel le 15 mars 2026 à Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord ( AFP / Francois LO PRESTI )

Celle-ci est également rejetée par les communistes - dont le leader Fabien Roussel envisage une nouvelle candidature à la présidentielle - ainsi que par le chef de Place publique, Raphaël Glucksmann.

L’eurodéputé, qui ne s’est pas encore déclaré mais figure parmi les personnalités les mieux placées à gauche dans les sondages, estime pouvoir s’imposer en incarnant le vote utile, sur une ligne pro-européenne, sociale-démocrate et "anti-LFI".

Le chef des députés Boris Vallaud, qui réclame la désignation d'un candidat socialiste avant l'été, est à la manoeuvre pour trouver une alternative à la primaire.

Il plaide pour une coalition de gauche plus large et a rassemblé en février plusieurs personnalités lors d'un diner dans un restaurant parisien.

Outre les opposants à Olivier Faure, se trouvaient autour de la table Raphaël Glucksmann et plusieurs écologistes en opposition à Marine Tondelier, comme le sénateur et ex-candidat à la présidentielle Yannick Jadot ou la députée Dominique Voynet.

L'objectif est de construire une plateforme programmatique pour faire émerger ensuite au consensus, une candidature commune. Qui pourrait être celle de Boris Vallaud ou de Raphaël Glucksmann.

- "Cheval de Troie" -

Le président du groupe PS à l'Assemblée, Boris Vallaud, le 31 mars 2026 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

Le président du groupe PS à l'Assemblée, Boris Vallaud, le 31 mars 2026 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

Une tribune commune de ce panel est également en préparation.

"On veut donner quelque chose à voir" en face des artisans de la primaire, explique l'entourage de Boris Vallaud.

Pour le camp d'Olivier Faure, Boris Vallaud sert surtout de "cheval de Troie pour Raphaël Glucksmann ou pour François Hollande".

L'ex-président ne figure pas parmi les convives du dîner parisien. Mais il défend une "grande fédération de la gauche réformiste" allant du PS à Raphaël Glucksmann en passant par l'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve.

"Hollande a surtout intérêt à ce que rien ne fonctionne" dans les démarches de rassemblement, pour être le dernier recours, nuance un proche de Boris Vallaud.

Pendant qu'une partie de la gauche se cherche difficilement un chemin, Jean-Luc Mélenchon, qui rejette aussi toute idée de primaire, trace sa route vers une quatrième candidature.

Même s'il se trouve isolé après de nombreuses polémiques, notamment liées à des accusations d'antisémitisme, le leader de la gauche radicale, qui avait échoué de peu à se qualifier pour le second tour en 2022, a lancé une offre de rassemblement aux Ecologistes et aux communistes.

Ces derniers l'ont déclinée.

3 commentaires

  • 11:23

    dégagez moi tout ça!


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