(Actualisé avec discours du pape, estimation du nombre de participants revue à la baisse)
Des dizaines de milliers de personnes se pressaient vendredi autour d'un stade de Douala, la plus grande ville du Cameroun, pour assister à une messe célébrée par le pape Léon, qui devait constituer le temps fort de la tournée du souverain pontife dans quatre pays africains.
Le Vatican a déclaré sur la base d'estimations des autorités locales que quelque 120.000 personnes étaient rassemblées autour du stade Japoma pour écouter le pape, qui a multiplié depuis le début de sa tournée africaine les prises de parole contre la guerre et les inégalités, s'attirant les foudres du président américain Donald Trump.
Au milieu d'un dispositif de sécurité renforcé, certains Camerounais ont passé la nuit dans le stade pour être aux premières loges pendant la messe.
"Ça a été difficile : le froid, les moustiques et tout le reste", témoigne Kevin Kaegam. "Mais comme nous voulons voir le souverain pontife, nous n'avions pas le choix."
Léon XIV, premier pape originaire des États-Unis, a critiqué jeudi les dirigeants qui dépensent des milliards dans les guerres et estimé que le monde était dévasté "par une poignée de tyrans".
Après son arrivée à Douala en provenance de Yaoundé, le pape a déploré que de nombreux Camerounais souffrent de "pauvreté matérielle et spirituelle", tout en les exhortant à ne pas recourir à la violence pour s'enrichir, quelles que soient les difficultés rencontrées.
"Ne cédez pas au désespoir ni au découragement", a-t-il dit en anglais au cours d'un discours prononcé majoritairement en français.
"Rejetez toute forme d'abus ou de violence", a ajouté Léon XIV, mettant en garde contre la promesse de gains faciles qui "endurcit le coeur et le rend insensible".
Évoquant le miracle de la multiplication des pains relaté dans les Évangiles, le pape a affirmé: "Il y a du pain pour tous si on le donne à tous. Il y a du pain pour tous si on le prend, non pas avec une main qui arrache, mais avec une main qui donne."
Le souverain pontife devait passer environ quatre heures à Douala, où il devait également visiter un hôpital catholique, avant de retourner à Yaoundé.
Le Cameroun est dirigé depuis plus de quatre décennies par Paul Biya, âgé de 93 ans. Sa réélection en octobre dernier a déclenché des manifestations, pendant lesquelles 48 personnes ont été tuées par les forces de sécurité, selon des sources de l'Onu, dont près de la moitié dans la région de Douala.
Dans un discours incisif prononcé mercredi en présence de Paul Biya, le pape a appelé les dirigeants camerounais à briser "les chaînes de la corruption" dans le pays.
Les foules venues accueillir le pape lors de sa visite au Cameroun se sont montrées enthousiastes, se massant le long des rues sur son parcours et arborant des tissus colorés à l'effigie du souverain pontife.
"Notre pays a besoin d'une bénédiction puissante afin que l'espoir renaisse", a déclaré Mgr Léopold Bayemi Matjei, évêque d'Obala, à environ une heure au nord de Yaoundé.
(Reportage de Ngouda Dione à Douala et de Joshua McElwee à Yaoundé, rédigé par Robbie Corey-Boulet ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer