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2000€ disponibles sans attendre et sans frais : comment Bercy veut débloquer l'épargne des salariés modestes
information fournie par Boursorama avec Media Services 06/01/2026 à 12:35

La mesure évoquée au sein du gouvernement fait suite aux intentions affichées l'automne dernier par le ministre Serge Papin, qui plaidait pour orienter l'intéressement vers la consommation.

( AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD )

( AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD )

Le "complément" de revenu évoqué en fin d'année par le ministre des PME pour soutenir le pouvoir d'achat prend forme. Selon le cabinet du ministre Serge Papin, Bercy étudie ainsi la possibilité pour les salariés gagnant deux SMIC maximum de sortir exceptionnellement de leur plan d'épargne entreprise (PEE) 2.000 euros en 2026, de manière défiscalisée.

Les sommes placées sur de tels plans d'épargne salariale - environ 200 milliards d'euros actuellement - sont normalement bloquées pour cinq ans sauf dans certains cas liés aux changements familiaux ou à des achats liés à la transition énergétique. Alors que la croissance française résiste - 0,9% attendu en 2025 - malgré un moteur de la consommation atone, ce projet permettrait de débloquer environ 4 milliards d'euros pour permettre aux salariés de réaliser les projets de leur choix, tout en soutenant la croissance.

Comme pour les exceptions actuelles, ces 2.000 euros seraient défiscalisés tout en restant soumis à la CSG et à la CRDS. La somme débloquée devra en outre avoir été présente sur le PEE au 31 décembre 2025.

Le projet aurait "un effet massif au niveau individuel, sans déstabiliser (l'épargne des PEE) qui vise à financer les entreprises et la productivité", souligne le cabinet de Serge Papin. Le ministre, ancien patron de Système U et familier des questions de pouvoir d'achat, avait évoqué un tel recours "immédiat" à l'intéressement dès sa première interview, mi-octobre sur RTL .

La CPME salue un projet qui "injecte des liquidités dans l'économie réelle"

Le projet a été présenté lundi aux partenaires sociaux par le ministère, engendrant des réactions différentes. Les syndicats préféreraient une hausse des salaires. "La question du pouvoir d'achat est d'abord salariale", a ainsi estimé Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT, auprès de l'AFP, d'autant que "la mesure bénéficierait surtout aux salariés des entreprises les plus grosses", celles qui ont mis en place des PEE. Côté patronat, le Medef ne s'est pas exprimé, la CPME a approuvé ce projet qui "injecte rapidement des liquidités dans l'économie réelle sans impact sur les charges patronales". Elle souhaiterait même un relèvement à 3 SMIC des salaires concernés, et "un relèvement significatif du montant déblocable".

En revanche, dans le Parisien , le patron de l'U2P (entreprises de proximité) Michel Picon a redouté que les sommes débloquées aillent surtout "à Shein et Temu" , les géants chinois du commerce en ligne. Les discussions restent ouvertes, avant l'entrée en vigueur d'une telle mesure, qui se ferait par décret, selon Bercy.

4 commentaires

  • 06 janvier 15:14

    theodoric81. C'est l'entreprise qui décide de mettre en place un PEE, des tickets restaurants, des chèques vacances, ... Cela s'applique à tous les salariés, y compris les moins payés (je n'ai jamais vérifié s'ils étaient modestes ou fanfarons).


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