« Un sentiment de marché mitigé » (Quilvest Gestion)

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Pour Dylan Baron (Quilvest Gestion), la faiblesse de l'euro améliorera les résultats des entreprises exposées aux changes, mais la prudence reste de mise sur les marchés actions.
Pour Dylan Baron (Quilvest Gestion), la faiblesse de l'euro améliorera les résultats des entreprises exposées aux changes, mais la prudence reste de mise sur les marchés actions.

Quels arbitrages effectuer en bourse d'ici la fin de l'année ? Quelles conséquences vont avoir les politiques monétaires de la BCE et de la Fed ? Les indices restent indécis, et Quilvest Gestion affirme avoir un « sentiment de marché mitigé ».

Dylan Baron, gérant actions chez Quilvest Gestion, se montre prudent pour la fin de l'année.

Contexte macroéconomique : « Draghiboost » et Fed

En Europe, en réponse à la faible croissance, la politique monétaire de la BCE sait rassurer le marché. Dylan Baron différencie la « Draghinsurance » et le « Draghiboost ». La « Draghinsurance » est l'assurance donnée par Mario Draghi d'intervenir à la moindre inquiétude du marché pour redonner confiance aux investisseurs. Classique de la part d'une banque centrale.

Mais surtout, c'est l'effet « Draghiboost » qui pourrait donner aux entreprises européennes un certain dynamisme grâce à la baisse de l'euro face aux autres devises. La monnaie unique pourrait atteindre sans tarder la parité de 1 euro pour 1,20 dollar. Ainsi, sans attendre de nouvelles mesures de la BCE, l'effet des changes devrait à lui seul dynamiser les bénéfices des entreprises européennes qui y sont exposées.

Côté américain, la remontée des taux directeurs de la Fed est envisagée à la mi-2015 par Quilvest. Dylan Baron compare l'effet à court terme de la remontée des taux à un patient auquel on enlèverait un plâtre et des béquilles. En soi, le patient va mieux (l'économie redémarre), mais le fait de ne plus avoir de soutien est angoissant dans un premier temps. Tout comme le patient convalescent, les marchés actions ne sont pas à l'abri d'un faux pas et il conviendrait aux investisseurs d'être très prudents à court terme vis-à-vis du marché américain.

Conseils actions et épargne

Dans ce contexte, Dylan Baron donne quelques conseils d'arbitrages boursiers. Les Smallcaps (petites entreprises) seraient à éviter à court terme. Retournées à un niveau élevé de valorisation depuis la fin de la crise, leur potentiel de croissance serait désormais réduit. Mieux vaudrait privilégier les grandes entreprises.

Méfiance également envers les marchés allemands et britanniques. L'Allemagne pourrait continuer d'être pénalisée à court terme par ses fortes relations commerciales avec la Russie dont les échanges sont pénalisés par les sanctions économiques. Le Royaume-Uni est quant à lui très lié aux Etats-Unis, et la Bank of England devrait également remonter ses taux début 2015, créant une certaine prudence sur l'économie britannique à moyen terme.

Des opportunités sont néanmoins à saisir du côté des entreprises profitant de l'affaiblissement de l'euro. Dylan Baron recommande de privilégier les entreprises dont une part importante des ventes est libellée en dollars comme Michelin (37% du CA libellé en dollar). De manière plus générale, les secteurs des semi-conducteurs, de la santé et des boissons sont traditionnellement sensibles aux variations euro-dollar et devraient continuer à surperformer les indices.

X.B.

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