Martin Maurel Gestion fait le pari des valeurs de la silver economy

le , mis à jour à 18:33
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Martin Maurel Gestion fait le pari des valeurs défensives du secteur de la santé.
Martin Maurel Gestion fait le pari des valeurs défensives du secteur de la santé.

Alors que les marchés ont connu un T3 mouvementé, certains investisseurs se reportent vers les valeurs défensives, moins sujettes aux effets de cycle. Dans ce cadre, nous avons interviewé Thierry Rigaudière, directeur général délégué de la société Martin Maurel Gestion et Nathalie Bourdoncle, gérante, pour évoquer la thématique de la "silver economy".

Pouvez-vous nous présenter Martin Maurel Gestion en quelques mots ?

Thierry Rigaudière : MMG est la société de gestion de la banque Martin Maurel, groupe bancaire familial et indépendant. Les encours au 30 Juin 2015 s'élèvent à 4,6 Mds € gérés pour le compte de clients privés et d'investisseurs institutionnels.

Votre fonds "Martin Maurel Senior Plus" se concentre sur la "silver economy". Pouvez-vous nous définir ce large domaine ?

T. R. : La silver economy se définit comme l’économie liée au vieillissement de la population. Il s’agit d’une thématique non cyclique et de long terme, qui concerne à la fois les pays développés mais aussi les pays émergents.

Les conséquences du vieillissement de la population sont multiples : impact sur les dépenses de santé, sur les modes de vie, sur les financements des retraites, sur la proportion des personnes en âge de travailler, sur les dépenses de consommation générale.

La silver economy s’intéresse aux conséquences du vieillissement démographique sur l’économie tant au plan des dépenses de santé dans les pays développés qu’à celui des opportunités de croissance avec la part grandissante des seniors dans la population qui ont une propension supérieure à consommer.

La catégorie des seniors désigne à la fois les seniors actifs (plus de 50 ans d’après le CREDOC (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie), les jeunes retraités de moins de 70 ans qui disposent de temps et d’argent pour consommer, et les retraités de plus de 70 ans qui deviennent plus dépendants et ont besoin d’offres de services spécifiques (assistance à domicile, maisons de retraite médicalisées).

Les seniors, au sens large du terme, sont des consommateurs dynamiques et constituent d’ores et déjà un moteur de croissance pour certains secteurs comme la santé, les loisirs ou l’alimentation.

La silver economy recouvre donc plusieurs secteurs, quels sont ceux sur lesquels votre fonds est particulièrement investi  ?

T. R. : Le cœur du portefeuille de Martin Maurel Senior Plus est investi dans le secteur de la santé au sens large dont la croissance est de plus en plus tirée par les pays émergents et par le rôle croissant des sociétés de biotechnologie dans la découverte de traitements innovants

On retrouve des laboratoires pharmaceutiques de niche, des groupes de santé diversifiés, des sociétés de biotechnologie, de diagnostics, des exploitants de maisons de retraite et d’hôpitaux, des groupes d’optique ou encore d’équipement médical.

Le fonds est investi aussi dans le secteur des biens de consommation qui profitent de la part grandissante des seniors dans la population (loisirs, cosmétiques, prêt à porter…) et accessoirement dans la finance/assurance (gestionnaires d’actifs…)

Les secteurs qui permettent de bénéficier des tendances porteuses liées au vieillissement de la population et au développement de la silver economy sont des secteurs présentant une croissance visible et pérenne. 

L’univers d’investissement de notre fonds comprend 130 valeurs européennes mais a vocation à s’enrichir compte tenu de l’émergence d’acteurs innovants qui s’introduisent en bourse pour se financer.

Vous évoquez les biotechnologies, vous intéressez-vous à certaines petites biotechs phares de la place parisienne ?

Nathalie Bourdoncle : Effectivement ces dernières années, on a assisté à la fin du modèle de développement des laboratoires pharmaceutiques basé sur les « blockbusters ».

Le centre de gravité de l’innovation s’est déplacé et se situe de plus en plus au sein des sociétés de biotechnologies, qui sont devenues des partenaires privilégiés des laboratoires pour améliorer les traitements de maladies ou découvrir des solutions thérapeutiques pour les maladies orphelines.

Les grands laboratoires ont eu tendance à signer avec les sociétés de biotechnologies des accords de licence. Ainsi, Eli Lilly a conclu un accord dans le diabète avec Adocia, société française détenant une technologie qui permet d’améliorer l’efficacité de molécules existantes. Deux autres biotechs françaises, Erytech Pharma et DBV Technologies, font également partie de la sélection de valeurs du portefeuille de Martin Maurel Senior Plus.

Les marchés financiers ont été agités ces derniers mois. Comment vous êtes-vous adapté à ce contexte ? Avez-vous été plutôt opportuniste, ou avez-vous plutôt réduit vos positions ?

N. B. : Nous avons réduit notre exposition au segment des biotechnologies qui affiche des valorisations généreuses et allégé notre ligne de Novo Nordisk, suite à un beau parcours. Nous avons renforcé nos positions sur des valeurs comme Guerbet, leader européen sur le marché des produits de contraste, l’allemand Fielmann, leader sur le marché allemand de l’optique et sur Orpéa, leader européen sur le marché des maisons de retraite.

Quels sont vos « coups de cœur » parmi les valeurs françaises que vous détenez en portefeuille ?

N. B. : Ipsen, laboratoire pharmaceutique de spécialité dont la croissance repose sur un socle de produits solide ; Orpéa , qui réalise des opérations de croissance externe sur le marché allemand des maisons de retraite ; Guerbet qui double de taille grâce à une acquisition structurante aux Etats Unis.

Propos recueillis par Xavier Bargue

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