Marchés : « Nous conservons notre sous-pondération en actions » (Natixis AM)

le , mis à jour à 14:15
3

Dans ses choix d'investissements, Natixis AM renforce sa prudence, aussi bien en ce qui concerne les actions que les obligations.
Dans ses choix d'investissements, Natixis AM renforce sa prudence, aussi bien en ce qui concerne les actions que les obligations.

Les turbulences boursières de ces dernières semaines et la dégradation du contexte économique international poussent Natixis AM à la prudence sur les marchés. La société de gestion entrevoit néanmoins toujours des opportunités à saisir dans le contexte actuel.

« L’accélération de la baisse des rendements des obligations d’Etat conjuguée au stress du marché de la dette privée se traduit par une hausse de la volatilité des actions européennes », analyse Natixis AM dans sa dernière note de « Convictions » du mois de février 2016, diffusée à la presse mercredi 17 février.

Les banques centrales semblent désarmées

Dans un contexte de prix du pétrole toujours faible, « l'inflation ne convergera pas rapidement vers la cible de 2% » dans les pays avancés comme l’Europe ou les Etats-Unis. « Cela engendre de l'incertitude sur les marchés financiers car les banques centrales semblent moins susceptibles de poser des jalons sur l'évolution future ».

Par ailleurs, « L’hésitation de la Fed à poursuivre le resserrement prévu a relancé la guerre des monnaies. La BCE annonce déjà un stimulus additionnel [pour le 10 mars prochain] et la BoJ a surpris en optant pour un taux négatif. L’incertitude favorise les taux au détriment des actifs risqués », affirme Natixis AM.

Pour la société de gestion, le rebond des cours du pétrole n’est pas pour tout de suite : « Le prix du pétrole restera bas car la production reste toujours très élevée et la demande ne s'accélère pas selon les dernières données de l'AIE ». Néanmoins, l’or noir « semble avoir touché un point bas [en janvier] sur fond de rumeurs d’intervention de l’OPEP » et « un retour à l’équilibre offre-demande [est envisageable] au cours du 2nd semestre [2016] », estime Natixis AM.

Signes de fragilités aux Etats-Unis

En attendant, les déboires du secteur pétrolier et parapétrolier ne sont pas neutres pour l’économie américaine. « Les interrogations sur le profil du cycle américain sont plus précises en ce début d'année. L'investissement est pénalisé par la baisse des dépenses dans le secteur de l'énergie et la consommation reste sur une note modérée ».

« Pour Markit [qui établit les indicateurs d’activité PMI aux Etats-Unis], il y a une césure entre les pays développés au sein desquels l'activité progresse et les pays émergents pour lesquels l'activité se contracte depuis le printemps 2015. L'indice ISM pour les USA chute fortement et est une source de préoccupation », rappelle Natixis AM.

L’Europe est moins concernée par cette dégradation tendancielle des indicateurs économiques. « En zone Euro, la croissance reste robuste mais devient plus conditionnée par le net ralentissement des échanges avec la Chine et l'Asie ». La BCE, par son plan de relance, « met en œuvre les conditions pour une accélération de l'investissement en 2016 alors que dans le même temps la consommation restera soutenue par un prix du pétrole très bas », note ainsi la société de gestion.

Confiance réduite sur les actions et les obligations

Dans ce contexte économique mitigé, et suite à la chute des marchés en début d’année malgré le rebond récemment observé, Natixis AM affiche clairement sa prudence vis-à-vis des actifs risqués, à l’instar d’Axa IM très récemment.

« Nous conservons notre sous pondération en actions et réduisons notre surpondération obligataire au profit du monétaire » affirme ainsi la société de gestion, qui a tendance à se désinvestir du marché pour éviter de nouveaux soubresauts.

Du côté des marchés actions, « En termes d’allocation géographique, nous sommes neutres sur les marchés européens et japonais et négatifs sur les marchés américains et asiatiques ».

Sur les actions européennes, en termes de secteurs, Natixis AM détaille : « Nous surpondérons le secteur de l’Information et de la Technologie avec une préférence pour les Software et Services, les télécommunications (pour le M&A), le secteur de la santé et des pharmaceutiques ainsi que le secteur des financières (assurance et immobilier) avec beaucoup de sélectivité. Nous sommes neutres sur l’Energie (mais négatifs sur les services pétroliers), les matériaux (avec une préférence pour la construction au détriment de la chimie), la consommation durable et non durable et les Utilities. Nous sous pondérons les biens industriels (à l’exception de la défense et du transport) ».

Dans son « portefeuille modèle théorique » du mois de février, Natixis AM a augmenté ses liquidités en euros, qui représentent 9,50% de ce portefeuille théorique, contre 31,5% pour les actions et 53,5% pour les obligations, ces deux dernières classes d’actifs représentant respectivement 32% et 55,5% du portefeuille théorique le mois précédent.

L’intérêt de passer cash en euros est également un pari sur le front du marché des changes. « L’Euro se renforce face au dollar dans un contexte macroéconomique incertain et dans un calendrier monétaire devenant également incertain aux Etats-Unis. Nous passons positifs sur l’EUR/USD », évoque la société de gestion.

Toujours du côté des « valeurs-refuges » (même si le terme n’est pas forcément approprié), Natixis AM note que « L’or est le grand gagnant de ce début d’année (…). L’environnement actuel devrait rester positif pour l’or et favoriser un rebond des autres métaux si la baisse du dollar persiste ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • fquiroga il y a 11 mois

    intox pour mieux plumer.....

  • stricot il y a 11 mois

    donc vus les taux actuels, ils privilegient le rendement zero, avec 10% en cash et 53% d'obligations qui rapporteront que dalle (au mieux). C'est bien pense comme approche. Ca promet une belle comm de performance tout ca!

  • landerna il y a 11 mois

    ON COMPREND,il y a 5 ans elle etait a 8e et proche de la faillite et ça donne des conseils