Marchés : ''les investisseurs vont tous aux abris''

le , mis à jour à 14:34
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Forte rechute des marchés mercredi 20 janvier.
Forte rechute des marchés mercredi 20 janvier.

Les marchés européens rechutent très fortement mercredi 20 janvier, dans un contexte de poursuite de la chute des prix du pétrole sous la barre des 28 dollars/baril. Les ventes massives, déjà observées en fin de semaine dernière, reprennent de plus belle.

À 14h25 mercredi, le CAC40 perdait 3,03% à 4.142 points, alors que le Dax allemand perdait pour sa part 2,36% à la même heure, tout comme le FTSE 100 britannique (-2,86%).

C’est une fois de plus la chute des prix du pétrole qui a mis le feu aux poudres sur les marchés financiers mercredi dès le début de la matinée. Le Brent de Mer du Nord et le WTI américain poursuivent leur chute : à 14h, le Brent perdait 2,43% à 28,0 dollars/baril tandis que le WTI américain perdait pour sa part 2,92% à 27,6 dollars/baril sur les contrats à termes de février 2016 selon les terminaux de Bloomberg, qui diffèrent des données reprises par Boursorama. En matinée, les deux barils s'échangeaient sous le seuil des 28 dollars.

Les marchés asiatiques ont réagi en matinée à la dégradation des prix de l’or noir, le Nikkei japonais perdant 3,71% en clôture. Les marchés chinois ont en revanche bien résisté au mouvement : l’indice phare CSI 300 des grandes capitalisations chinoises n’a perdu « que » 1,51% mercredi à la clôture. L’indice de la bourse de Shanghai a pour sa part seulement perdu 1,03%.

« Il y a une vraie obsession autour des cours du pétrole »

« Il y a une vraie obsession autour des cours du pétrole », réagit Xavier de Villepion, trader actions chez HPC. Cette obsession n’est pas injustifiée alors que « depuis le début de l’année, on perd presque 30% sur les prix du baril », observe le trader. Depuis deux semaines, « le couple baril-Chine est infernal » ajoute-t-il, bien que la Chine ne soit pas à l’ordre du jour ce mercredi.

« À force, je me demande si on a bien fait de réintégrer l’Iran dans le contexte international », ajoute-t-il. L’Iran connaît en effet la levée de l’embargo américain qui empêchait le pays de commercer avec l’international depuis plusieurs années. À partir du mois de février, le pays va reprendre ses exportations de pétrole alors que l’offre mondiale est déjà jugée surabondante par rapport aux capacités de la demande. C’est l’une des raisons de la chute inexorable des prix du pétrole qui s'observe depuis le début de l’année, par anticipation des opérateurs de marché.

Les inquiétudes augmentent dans les salles de marché autour des conséquences financières qui pourraient accompagner cette chute des prix de l'or noir. « Hier soir, on a eu Bank of America qui a fait quelques commentaires sur ses prêts à l’industrie pétrolière. Ils n’ont pas été alarmistes, mais tout le monde a compris que c’était tout de même un sujet important », commente le trader.

Déjà en fin de semaine dernière, le numéro un mondial du secteur bancaire américain, Wells Fargo, avait fait quelques commentaires au sujet de ses prêts au secteur pétrolier américain, qui avaient éveillé les doutes des investisseurs. « Il sera intéressant de voir les résultats de Goldman Sachs aujourd'hui », ajoute le trader, alors que la célèbre institution américaine est une pure banque d’affaires dont l’activité dépend notamment de la conjoncture des marchés financiers.

Aucune nouvelle positive ne parvenait à soutenir le moral des opérateurs de marché mercredi. Hier, le FMI a légèrement dégradé ses perspectives de croissance mondiale pour l’année 2016, comme il l'avait déjà fait il y a quelques mois. « Les doutes persistent toujours sur la croissance mondiale », commente Xavier de Villepion, alors que selon lui le discours de Christine Lagarde donné hier a été « brut de décoffrage », sans que la présidente du FMI cherche à adoucir le ton pour calmer les inquiétudes de début d’année qui pèsent sur les marchés.

« Les gens vendent tout ce qui se présente sans réfléchir »

« Les investisseurs vont tous aux abris. Les gens ne comprennent plus vraiment ce qui se passe. Ca fait une éternité qu’on n’avait pas vu un début d’année aussi catastrophique. Les gens vendent tout ce qui se présente sans réfléchir. Même les valeurs défensives sont massacrées aujourd'hui », commente le trader.

« Même les marchés américains sont nettement impactés depuis le début de l’année, alors qu’en général ils sont moins volatils et moins réactifs que les marchés européens. Désormais, la visibilité est nulle » reconnaît-il, alors que les marchés alternent rebonds et rechutes depuis le début de la semaine, de manière totalement erratique et imprévisible.

Fin 2015, beaucoup de sociétés de gestion avaient envisagé des marchés « volatils » pour l’année 2016, mais peu d’entre elles avaient envisagé une rechute des indices boursiers d’une telle ampleur dès le mois de janvier. On retiendra néanmoins la forte prudence affichée depuis le dernier trimestre 2015 par Carmignac, qui s’était exprimé plusieurs fois pour mettre en garde les investisseurs contre une année 2016 sans perspectives positives.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M7530382 il y a 11 mois

    bhouuu..ca baisse pas vite en tout cas....va se refroidir mon petit maggot qui attend bien au chaud .....c'est pour bientôt les 3200 ?

  • R59 il y a 11 mois

    il fait frisqué une bonne soupe

  • frk987 il y a 11 mois

    Les gens adorent vendre au plus bas pour racheter au plus haut, les mystères des PP en bourse !!!!!

  • remimar3 il y a 11 mois

    Les gens sont pas aussi amnésiques que les homme politiques. Chat échaudé en 2008...

  • c.voyant il y a 11 mois

    1929=>19392008=>2018L'histoire se recommence.

  • duran107 il y a 11 mois

    Tous aux abris bien sûr.... que faire de mieux ?? qui achète ? les spéculateurs qui espèrent une remontée des cours du pétrole qui viendra un jour sans aucun doute.... mais le petit lui ... a peur ...............

  • Berg690 il y a 11 mois

    jflo2 3500

  • ZvR il y a 11 mois

    10 PIB mondiaux de produits dérivés.

  • ZvR il y a 11 mois

    Avec la baisse des cours les sociétés pétrolières vont commencer à faire faillite et défaut sur leur dette. En particulier aux US avec le $ au plus haut et les producteurs de schiste qui tournent à la dette et risquent de laisser une ardoise de quelques trillions. Derrière il y a toujours les PIB mondiaux de produits dérivés qui circulent, BNP en tête.

  • jflo2 il y a 11 mois

    Donc 3900 et 3750 pour acheter!